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À la découverte de l’abbaye de Lérins, entre terre, mer et Ciel…

À la découverte de l’abbaye de Lérins, entre terre, mer et Ciel…

Cette semaine, Divine Box vous emmène à la décou­verte de l’abbaye de Lérins, véri­table joyau his­to­rique et cultu­rel de la Côte d’Azur. L’abbaye plu­ri­cen­te­naire intrigue autant qu’elle fas­cine. Malgré son empla­ce­ment insu­laire et la coha­bi­ta­tion absurde avec les luxueux yachts, l’abbaye demeure, authen­tique et fidèle à la tra­di­tion monas­tique cis­ter­cienne. Vous vou­lez en savoir un peu plus sur cette magni­fique abbaye ? Allez c’est par­ti !

Une histoire à rebondissements

Les ori­gines de la vie monas­tique à Lérins remontent au début du Ve siècle, en 410, date à laquelle saint Honorat se réfu­gie sur l’île pour y cher­cher un peu de soli­tude. Le moine ermite est rapi­de­ment rejoint par d’autres moines qui décident fina­le­ment de vivre en com­mu­nau­té. C’est le début d’un mona­chisme peu struc­tu­ré mais rayon­nant, qui ver­ra se suc­cé­der de nom­breux moines illustres tels que saint Hilaire, saint Faust ou encore saint Patrick, qui serait venu étu­dier à Lérins avant de par­tir évan­gé­li­ser l’Irlande.

Le monas­tère attire ain­si de nom­breux pèle­rins, mais est aus­si régu­liè­re­ment objet de convoi­tises pour les sar­ra­sins et pirates génois, qui n’hésitent pas à piller et mas­sa­crer plu­sieurs fois les moines au cours des siècles.

À la Révolution, le monas­tère est fer­mé et l’île ven­due. Il faut attendre 1859 pour que l’Évêché de Fréjus rachète l’île et qu’une com­mu­nau­té de moines cis­ter­ciens viennent s’y ins­tal­ler, dix ans plus tard. Cette même com­mu­nau­té habite, 150 ans après, ces murs char­gés d’histoire : plus de seize siècles de pré­sence monas­tique !

La Tour Monastère (fin du XIe), témoin de l’histoire plu­ri­cen­te­naire de l’île Saint Honorat – Crédit Photo : Abbaye de Lérins

La légende de Saint Honorat

Depuis long­temps, les romains connais­saient bien cette île mais n’osaient pas s’y ins­tal­ler. Et pour cause, l’île était infes­tée de ser­pents ! À son arri­vée, saint Honorat dû grim­per sur un pal­mier et Dieu, pris de com­pas­sion, pro­vo­qua un raz-de-marée afin d’éradiquer les rep­tiles. Rapidement, saint Honorat vint à man­quer d’eau douce. Alors, après avoir prié Dieu de lui don­ner de l’eau, il frap­pa la terre et de là jaillit une source d’eau ! Surprenant non ?

Saint Honorat per­ché sur un pal­mier pour échap­per aux rep­tiles et au raz de marée – Crédit Image : Abbaye de Lérins

Et aujourd’hui ? Prière et travail de la communauté

Aujourd’hui, la com­mu­nau­té compte 21 moines qui vivent selon la règle de saint Benoît “Ora et Labora” (ce qui signi­fie “Prière et Travail”). Leur jour­née est ryth­mée par la prière, le tra­vail, l’accueil et l’étude. La com­mu­nau­té prie ain­si 8 offices par jour, dont le pre­mier est à 4h15 du matin ! L’abbaye est la “mai­son-mère” de la Congrégation Cistercienne de l’Immaculée Conception, qui réunit les abbayes de Sénanque et Castagniers en Provence, mais aus­si trois abbayes au Québec, en Italie et au Viet-Nam.

Entre les temps de prières qui règlent la jour­née, les moines réa­lisent les fameux pro­duits de l’abbaye de Lérins pour sub­ve­nir à leurs besoins. En effet, en plus de la ges­tion de l’hôtellerie, les moines tirent par­ti de leurs terres excep­tion­nelles pour tra­vailler les vignes, pro­duire du vin et dis­til­ler d’incroyables liqueurs. À cela s’ajoutent l’entretien d’oliviers et la cueillette d’olives à la fin de l’automne.

Afin de pré­ser­ver la tran­quilli­té du tra­vail et de la prière des moines, cer­tains accès sont inter­dits au public sur l’île – © Divine Box

De l’huile de coude à l’huile d’olive

Chaque année, les moines de l’abbaye de Lérins récoltent entre 3 et 4 tonnes d’olives, des­ti­nées à la pro­duc­tion de l’huile. Les pre­miers oli­viers ont été plan­tés au XVIe siècle. Sur les 200 arbres recen­sés sur l’île, seule une cen­taine est exploi­tée pour la pro­duc­tion d’huile d’olive. Les oli­viers non exploi­tés sont bien sou­vent per­dus dans la végé­ta­tion de pins et donc peu acces­sibles… Une fois récol­tées, les olives sont envoyées dans un pres­soir près de Nice. L’huile est ensuite rame­née à l’abbaye pour être décan­tée et fil­trée. C’est d’ailleurs, le frère Matéo qui s’occupe de toutes ces étapes ! Enfin, la par­tie embou­teillage est entiè­re­ment réa­li­sée par frère Benoît, qui prend grand soin de cha­cune de ces si pré­cieuses bou­teilles. Précieuses bou­teilles, car ces huiles d’olives sont rares. En effet, il faut faire un aller-retour sur l’île Saint Honorat pour les obte­nir. Elles sont ven­dues uni­que­ment dans les deux bou­tiques de l’île, car les quan­ti­tés sont trop faibles pour pou­voir se vendre ailleurs. Mais n’est-ce pas agréable de prendre le bateau pour aller faire ses courses ? Vous pour­rez éga­le­ment y dégus­ter les dif­fé­rentes liqueurs de Lérins. Ou alors, le plus rapide est encore de les com­man­der et de les décou­vrir direc­te­ment chez soi, grâce à Divine Box !

Sur l’île de Lérins, oli­viers et vignes sont en par­faite har­mo­nie avec le cli­mat médi­ter­ra­néen – © Divine Box

L’abbaye de Lérins en quelques chiffres :

  • 1. C’est le nombre d’heure néces­saire pour faire le tour de l’île à pieds (40 minutes pour les plus spor­tifs)
  • 4. L’heure (du matin !) à laquelle frère Gian-Carlo com­mence la pré­pa­ra­tion des liqueurs
  • 7 cha­pelles sont répar­ties sur l’île Saint Honorat
  • 21 moines vivent actuel­le­ment à l’abbaye
  • 200 oli­viers recouvrent l’île
  • 500 : l’âge des plus vieux oli­viers !

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