Note pré­li­mi­naire : nous pri­vi­lé­gie­rons l’ap­pel­la­tion agro­glyphe à « crop circle » puisque notre texte est écrit en fran­çais. Agro-glyphe signi­fie écri­ture (glyphe que l’on retrouve dans hié­ro­glyphe) sur la terre (agro).

Commençons par les faits.

Un grand des­sin appa­raît le 1er juin 2019 dans un champ situé dans le Val d’Oise, à Baillet-en-France (30 km au nord de Paris). Plusieurs cli­chés sont pris par le pilote d’un avion de l’aé­ro­drome voi­sin d’Enghien-Moisselles qui le publie sur le compte Facebook du club (illus­tra­tion ci-des­sus).
Ce phé­no­mène se pro­duit régu­liè­re­ment en Angleterre (d’où le nom anglais) et un peu par­tout ailleurs dans le monde. Il est plu­tôt rare en France.
S’il lui est impos­sible de nier l’exis­tence de ces des­sins, la pen­sée domi­nante est bien embar­ras­sée par ces faits qui n’ont pas d’ex­pli­ca­tions com­pa­tibles avec la doc­trine com­mune. La presse reste dis­crète. La science dénigre. Le peuple ne doit pas s’en pré­oc­cu­per.

La position de la science

La science est embar­ras­sée par ce phé­no­mène pour­tant fac­tuel et pal­pable car elle n’a pas les expli­ca­tions sur la cause et le mode opé­ra­toire de ces mar­quages.
Cette pos­ture est omni­pré­sente sur le site UFO-Scepticisme. Ce site se posi­tionne du côté des scep­tiques et nous explique :

Je suis prêt à parier qu’au moins un membre de l’é­quipe des circle makers à l’o­ri­gine de cette figure emprunte très régu­liè­re­ment la D301 ou tra­vaille dans une entre­prise située sur la petite butte. Le plus fort serait que l’un d’eux habite car­ré­ment l’une des mai­sons, mais ça a plu­tôt l’air d’être un vil­lage expo. En plus, du par­king, on a une vue sym­pa sur le champ, et donc sur le crop.
A signa­ler, et ça peut avoir son impor­tance : le grand bâti­ment blanc qu’on voit sur l’ho­ri­zon Nord-Est est la jar­di­ne­rie Truffaut. Un endroit idéal pour trou­ver tout le maté­riel à l’é­la­bo­ra­tion d’un crop circle : cordes, planches, rou­leaux… Laughing

Il y a même des res­tos sym­pas pour man­ger tran­quille en soi­rée, avant d’al­ler tra­cer la figure.Autre point impor­tant : j’é­vo­quais aus­si les recou­vre­ments qui per­mettent de retra­cer la chro­no­lo­gie de construc­tion, mais…

J’ignore si c’est fait exprès (à mon avis, ça l’est) : il n’y a aucun recou­vre­ment d’une figure sur une autre ! Chaque élé­ments est sépa­ré ou bien imbri­qué dans l’autre, ce qui ne néces­site aucun recou­vre­ment. Il aurait pu y en avoir au niveau des 2 grands crois­sants, mais aucun cercle n’est tra­cé au centre de ces figures : ils ont été construits d’un bloc, après tra­çage des contours. Or, les recou­vre­ments sont un élé­ments majeurs en faveur de l’o­ri­gine humaine, d’a­près le rap­port VECA : on ne peut pas les évi­ter en che­vau­chant diverses figures. Sauf que là, la confi­gu­ra­tion du crop fait qu’au­cun recou­vre­ment n’est néces­saire. Voilà donc pour­quoi je pense que c’est fait exprès, et que les auteurs ont lu le rap­port VECA. Very Happy

Le pro­blème avec ce type d’ex­pli­ca­tion, c’est qu’elle n’a rien de scien­ti­fique ! Elle fait réfé­rence au « rap­port VECA » alors qu’il est obso­lète et aban­don­né depuis long­temps.
Cette pos­ture, à la limite de l’ar­ro­gance, est l’op­po­sé même de la démarche scien­ti­fique.
Ces scep­tiques nous expliquent avec l’a­plomb que pro­cure la science qu’ils pensent déte­nir que ces des­sins sont réa­li­sés par des humains sans jamais :

  1. qu’au­cun groupe humain n’ait été capable de repro­duire la plu­part des agro­glyphes, ce qui consti­tue le fon­de­ment de la démarche expé­ri­men­tale et donc scien­ti­fique,
  2. qu’au­cun groupe humain n’ait été sur­pris en train de des­si­ner ces gigan­tesques signes alors qu’ils devraient requé­rir plu­sieurs per­sonnes par­fai­te­ment entraî­nées pen­dant des heures en pleine nuit.
Agroglyphe

On attend que des humains fassent la démons­tra­tion qu’ils sont capables de repro­duire de telles marques en pleine nuit et en quelques minutes

Mais à l’inverse, certains adeptes de ces signes y voient des messages mystiques.

Puisque les scien­ti­fiques ne sont pas capables d’ap­por­ter d’ex­pli­ca­tions, le phé­no­mène est acca­pa­ré par les cré­dules qui y voient des mes­sages en rela­tion avec l’Apocalypse, d’au­tant que l’a­gro­plyphe de Baillit-en-France est proche d’une croix des­si­née par une plan­ta­tion d’arbres, bien humaine :

Agroglyphe Baillit-en-France croix

Il n’a pas fal­lu long­temps à cer­tains pour y voir un signal divin en rela­tion avec l’in­cen­die de Notre-Dame.

Il est toutefois possible d’avoir une réelle démarche scientifique sur les agroglyphes.

Plusieurs scien­ti­fiques hon­nêtes se sont pen­chés sur ce phé­no­mène et concluent tous qu’il n’est pas d’o­ri­gine humaine, même si plu­sieurs agro­glyphes sont des pro­duc­tions d’o­ri­gine objec­ti­ve­ment humaine.

Il est alors intéressant de se poser la question : quel est le but de ces humains à vouloir troubler la démarche scientifique ? (cliquer sur la flèche à droite)

Nous retrou­vons la même démarche per­tur­ba­trice avec les OVNIs où des humains s’a­musent à per­tur­ber la démarche scien­ti­fique en géné­rant des canu­lars.

Pourquoi ? Dans quel but ?

Cela doit être mis en rela­tion avec l’in­fil­tra­tion aujourd’­hui avé­rée d’as­so­cia­tions ufo­lo­gistes par des élé­ments de la CIA, au moment de l’af­faire Rockwell, dont la mis­sion consis­tait à décré­di­bi­li­ser ces asso­cia­tions par des témoi­gnages exces­sifs. Cela ne peut que démon­trer que le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain avait inté­rêt à dis­qua­li­fier ces asso­cia­tions.

On peut donc ima­gi­ner que les per­sonnes qui se donnent du mal pour des­si­ner tant bien que mal des agro­glyphes ont pour objec­tif de décré­di­bi­li­ser les enquê­teurs hon­nêtes.

Daniel HarranDaniel Harran — doc­teur ès Sciences et Maître de confé­rence en phy­sique — fait par­tie de ces cher­cheurs qui se penchent sur le pro­blème avec une réelle démarche scien­ti­fique. Des années de recherche lui font avan­cer que ces agro­glyphes « sont le lan­gage de la Nature, qui s’ex­prime ain­si grâce à des êtres élé­men­taires atta­chés à la Terre, pour invi­ter l’Homme à élar­gir sa conscience. »

Il est l’au­teur de plu­sieurs ouvrages sur les agro­glyphes et sur d’autres phé­no­mènes que la science moderne ne par­vient pas à expli­quer tant qu’elle reste confi­née dans ses pos­tures dog­ma­tiques, contraires — encore une fois — à la recherche expé­ri­men­tale.

Vous pou­vez très faci­le­ment prendre connais­sance du résul­tat de ses recherches ori­gi­nales dans ses livres bien sûr, mais éga­le­ment sur son site inter­net : Écoute la Terre.

Concluons par cette ques­tion que seul Nietzsche sait poser de cette manière : « Quelle dose de véri­té sommes-nous prêts à sup­por­ter ?»

Georges Gourdin