Delevoye : révélateur du pourrissement complet du Système

Nous écri­vions le 17 sep­tembre dans un article inti­tu­lé Retraites : il faut ren­ver­ser la table ! :

C’est comme cela depuis trente ans. C’est que le sys­tème fran­çais est pro­fon­dé­ment injuste. Ceux qui sont péna­li­sés sont les moins bien repré­sen­tés poli­ti­que­ment : arti­sans, sala­riés des PME, agri­cul­teurs notam­ment. Et ceux qui gèrent le sys­tème sont ceux qui béné­fi­cient des meilleures retraites car ils sont les mieux pla­cés pour taper dans la caisse. Einstein disait : « On ne règle pas un pro­blème avec ceux qui l’ont créé ».
La preuve : Le « Monsieur Retraite » du gou­ver­ne­ment cumule son salaire avec plu­sieurs pen­sions… de retraite. Jean-Paul Delevoye négo­cie l’abaissement de la retraite des Français tan­dis qu’il s’est mis, lui, confor­ta­ble­ment à l’abri au fil de sa car­rière poli­tique.

Et nous pré­ci­sions alors : ce franc-maçon a été maire, conseiller régio­nal, pré­sident de la com­mu­nau­té de com­mune de Bapaume, pré­sident de l’association des maires de France, dépu­té, séna­teur, ministre de Jacques Chirac, média­teur de la République. Il est donc tout à fait bien pla­cé pour être le Haut-com­mis­saire à la réforme des retraites de Macron puisque lui n’a aucun sou­ci de ce côté-là !

Et nous étions loin du compte !

Nous appre­nions ensuite que notre haut-com­mis­saire aux retraites était admi­nis­tra­teur de l’Institut de Formation de l’Assurance, l’Ifpass. Or les assu­rances font du lob­bying pour déve­lop­per la retraite par capi­ta­li­sa­tion. C’est d’au­tant plus gênant que Jean-Paul Delevoye avait « oublié » de men­tion­ner cette impli­ca­tion.

Puis quelques jours plus tard nous appre­nions que Jean-Paul Delevoye était éga­le­ment admi­nis­tra­teur de la Fondation SNCF. Or l’un des gros mor­ceaux des négo­cia­tions sur les retraites porte sur les régimes spé­ciaux, notam­ment celui de… la SNCF. Là aus­si oubli de décla­ra­tion de Jean-Paul Delavoye à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP). Décidément l’État confie un poste sen­sible à une per­sonne mani­fes­te­ment frap­pée d’in­suf­fi­sance intel­lec­tuelle.

Et ce n’est pas tout !

Le pot aux roses se révèle

Delevoye retrouve sa mémoire et déclare fina­le­ment 13 man­dats oubliés dans sa décla­ra­tion sur l’hon­neur à la HATVP. On apprend qu’il est pré­sident d’hon­neur de Parallaxe, think tank de HEP Éducation. Président d’hon­neur à 5 300 euros par mois. C’est si peu qu’il n’y prê­tait même plus atten­tion !

Ce franc-maçon a pas­sé sa vie à pro­fi­ter du Système : il n’a rien créé, rien inven­té, il vit sur des pré­bendes publiques qu’il égrène au fil de sa car­rière poli­tique oppor­tu­niste.Honoré Daumier caricature assemblée nationale

Delavoye est révélateur de l’état de pourrissement et de corruption très avancé de nos élites dirigeantes : fondamentalement menteuses-tricheuses, farouchement égoïstes et profiteuses, irresponsables et nuisibles. Et de surcroît donneuses de leçons.

Ce para­site a encore le tou­pet de nous dire qu’il s’en­gage à rem­bour­ser toutes les sommes ain­si accu­mu­lées. Mais le voleur ne se dédouane pas en res­ti­tuant son lar­cin : la Justice l’en­voie quand même en pri­son. Delevoye doit y retrou­ver son ami Balkany.

Delevoye n’est pas le vilain petit canard du Système, il en est l’es­sence même car tous nos diri­geants trichent et mentent. Presque tous nos ministres ont fait de fausses décla­ra­tions à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique : Impôts : 60 % des ministres du gou­ver­ne­ment redres­sés en 2018. Les per­sonnes qui ont rete­nu Delevoye pour assu­mer cette fonc­tion de haut-com­mis­saire aux retraites étaient for­cé­ment infor­mées de tous les man­dats dis­si­mu­lés parce-qu’elles en croquent toutes ! Par exemple notre Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, garante de la pro­bi­té de notre Justice, oublie elle aus­si de men­tion­ner trois (oui trois) appar­te­ments dans sa décla­ra­tion de patri­moine. Du reste, par­fai­te­ment infor­mé des tur­pi­tudes de son haut-com­mis­saire aux retraites, le chef du gou­ver­ne­ment Édouard Philippe per­siste à le sou­te­nir et vou­loir nous faire croire en « la bonne foi totale » de Delevoye.

Et puis remon­tons d’un cran encore. Notre propre Président est lui aus­si frap­pé d’a­mné­sie. Rappelons nous la ques­tion que lui pose Michel Onfray dans sa Lettre à Manu sur le doig­té et son fon­de­ment du 1er octobre 2018 :

D’abord, pre­mier doigt, il y eut cette éton­nante éva­po­ra­tion de tes béné­fices en tant que ban­quier chez Rothschild : tu sembles en effet avoir habi­le­ment fait dis­pa­raître cette somme consi­dé­rable de ta décla­ra­tion de patri­moine avant les pré­si­den­tielles. Quid en effet des cinq mil­lions d’euros que tu as engran­gés comme ban­quier pen­dant huit ans et dont per­sonne ne retrouve la trace ? (source : « Cinq mil­lions d’euros en huit ans, où est l’argent, Emmanuel Macron ? » dans Économie Matin du 16 février 2017). Cinq mil­lions, ça en fait des billets de cinq euros que tu voles dans la poche des étu­diants qui reçoivent l’APL !

Les Français ne savent tou­jours pas ce qu’est deve­nue cette prime de 5 mil­lions.

Macron, les ministres et tout un réseau nui­sible qui s’au­to­pro­tège sont là parce-qu’ils font le job qui leur est impar­ti.

C’est pour cela qu’ils sont bien payés.

Et c’est pour cela que Jean-Paul Delevoye béné­fi­cie d’une retraite TRÈS confor­table.

Massimo Luce

Annexe : quel toupet !