Retraites : questions que l’on se pose

L’un de nos lec­teurs, mon­sieur Tolerey, nous prie de faire suivre ce docu­ment. Ce que nous fai­sons volon­tiers car les Français — à l’ins­tar de leur idole — se posent des tas de ques­tions :

Derrière l’a­mour il y a
Toute une chaîne de pour­quoi
Questions que l’on se pose
Il y a des tas de choses
Les pleurs qu’on garde sur le cœur
Et des regrets et des ran­cœurs

Voici son texte :

Voici quelques questions que l’on se pose.

Et qui peuvent être une grosse source d’économie
• Pourquoi un dépu­té au bout de seule­ment cinq ans de coti­sa­tion retraite touche une retraite moyenne de 1 500 €/​mois alors qu’un employé pour 42 années de coti­sa­tion tou­che­ra 896 euros en moyenne ?
• Pourquoi, au bout de deux man­dats de six ans cha­cun, un séna­teur peut-il tou­cher plus de 3 700 € par mois de retraite ?
• Pourquoi la retraite des élus n’est-elle pas prise en compte dans l’écrêtement (8 200 €) des indem­ni­tés d’élus ?
• Pourquoi une coti­sa­tion retraite d’élu rap­porte-t-elle en moyenne 6,50 € pour un euro coti­sé pen­dant vingt ans alors qu’un sala­rié du régime géné­ral touche entre 0,87 et 1,57 € pour un euro coti­sé pen­dant qua­rante-deux ans ?
• Pourquoi un élu peut-il cumu­ler ses dif­fé­rentes retraites (jusqu’à 5 retraites) ?
• Pourquoi un élu peut-il tra­vailler en tou­chant sa (ses) retraite(s) d’élu complète(s) sans pla­fond de mon­tant alors que le citoyen lamb­da ne peut le faire sans dépas­ser la valeur de son der­nier salaire ?
• Pourquoi les élus ont-ils une retraite par capi­ta­li­sa­tion et ’inter­disent-ils réso­lu­ment aux « autres » qui n’ont droit qu’à une retraite par répar­ti­tion ?
• Pourquoi les coti­sa­tions retraite des élus peuvent-elles être abon­dées par les col­lec­ti­vi­tés, ce qui per­met à un par­le­men­taire de tou­cher sa retraite à taux plein avec moins d’annuités de coti­sa­tion ?
• Pourquoi une par­tie de la pen­sion de retraite des par­le­men­taires est-elle insai­sis­sable (même en cas de fraude ou d’amende) ?
• Pourquoi un agent public qui vou­drait se pré­sen­ter à une élec­tion légis­la­tive ne devrait-il pas démis­sion­ner de la fonc­tion publique ? Un sala­rié le doit, lui, s’il veut tra­vailler ailleurs !
• Pourquoi deux ans d’allocations chô­mage pour un sala­rié lamb­da du régime géné­ral et cinq ans pour les dépu­tés ? Ceux-ci ont-ils plus de mal à retrou­ver un tra­vail ?
• Pourquoi les dépu­tés qui ne se repré­sentent pas peuvent-ils tou­cher l’allocation dif­fé­ren­tielle et dégres­sive de retour à l’emploi ? Un sala­rié qui démis­sion­né n’a, lui, droit à rien !
• Pourquoi faut-il avoir un casier judi­ciaire vierge pour entrer dans cer­taines pro­fes­sions et que ce n’est pas le cas pour être élu ?
• Pourquoi la fraude dans la décla­ra­tion de patri­moine d’un élu ne vaut-elle pas la pri­son mais seule­ment 30 000 € d’amende alors que la simple fraude d’un citoyen pour faux et usage de faux d’un docu­ment déli­vré par l’Administration est punis­sable de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende ?
• Pourquoi un par­le­men­taire (dépu­té ou séna­teur) touche-t-il une IRFM (Indemnité Représentative de Frais de Mandat) de 5 770 € par mois pour un dépu­té et de 6 200 € par mois pour un séna­teur, dont l’usage n’est pas contrô­lable et pour lequel il n’a de compte à rendre à per­sonne ?
• Pourquoi, durant son man­dat, un élu peut-il s’acheter un bien qu’il nomme sou­vent « per­ma­nence », le payer à cré­dit avec l’IRFM, qui est de l’argent public, et le gar­der ou le vendre pour son béné­fice per­son­nel ?
• Pourquoi les par­le­men­taires cumu­lards peuvent-ils tou­cher plu­sieurs enve­loppes de frais de repré­sen­ta­tion (frais en tant que pré­sident d’agglomération, frais en tant que maire, IRFM en tant que dépu­té…) ?
• Pourquoi les res­tau­rants trois étoiles (cinq étoiles ?) de l’Assemblée natio­nale et du Sénat coûtent-ils si peu cher à l’élu ?
• Pourquoi un élu à reve­nu égal de celui d’un sala­rié paye-t-il moins d’impôt sur le reve­nu ?
• Pourquoi parle-t-on tou­jours de réduire le nombre de fonc­tion­naires mais jamais celui des par­le­men­taires ?
• Pourquoi les séna­teurs se sont-ils ver­sé en 2011, au titre d’un « rat­tra­page excep­tion­nel », une prime de 3 531,61 € avant les congés d’été… ?
• Pourquoi aucun chiffre n’existe sur la pré­sence ou non des séna­teurs lors des séances au Sénat ?
• Pourquoi la pen­sion de réver­sion d’un élu décé­dé est-elle de 66 % sans condi­tion de res­sources du sur­vi­vant alors que celle d’un sala­rié du pri­vé est de 54 % sous condi­tion de res­sources du sur­vi­vant (aucune réver­sion au-des­sus de 19 614,40 brut annuel) ?
• Pourquoi la retraite d’un élu est-elle garan­tie et connue d’avance alors qu’un sala­rié du régime géné­ral n’est sûr de rien ?
• Pourquoi un dépu­té peut-il cumu­ler plu­sieurs « réserves par­le­men­taires » sans que cela se sache offi­ciel­le­ment ?
• Pourquoi l’indemnité de fonc­tion d’un dépu­té et son IRFM ne sont-elles pas impo­sables ?
• Pourquoi un dépu­té a‑t-il droit au rem­bour­se­ment de frais de taxis pari­siens (alors qu’il touche l’IRFM pour ça) ?
• Pourquoi un ancien séna­teur ou un ancien dépu­té ont-ils droit à la gra­tui­té à vie en pre­mière classe SNCF ?
• Pourquoi un ancien séna­teur et son conjoint ont-ils le droit du rem­bour­se­ment de la moi­tié de 12 vols Air France par an et à vie ?
• Pourquoi un séna­teur peut-il emprun­ter jusqu’à 150 000 € à un taux pré­fé­ren­tiel ?
• Pourquoi les anciens ministres, leurs conjoints et leurs enfants ont-ils droit à la gra­tui­té à vie des vols Air France et à la gra­tui­té à vie des trans­ports sur le réseau SNCF ?
• Pourquoi y a‑t-il dans le ser­vice des fraudes un ser­vice spé­cial pour les élus ?
• Pourquoi une fraude d’élu est-elle dif­fé­rente des autres pour béné­fi­cier d’un trai­te­ment de faveur ?
• Pourquoi un élu condam­né défi­ni­ti­ve­ment ne rem­bourse-t-il pas les frais d’avocat dépen­sés pour lui par la col­lec­ti­vi­té ?

Jean-Paul Delevoye n’a su répondre à aucune de ces questions. Son successeur, Laurent Pietraszewski, saura-t-il y répondre ?