Investiture pour les municipales : « gay-friendly » ou rien chez LREM

Les élections municipales approchent à grands pas et on se dispute les dernières investitures dans les partis

Chez LREM, elles ne s’obtiennent pas comme ça, il y a une condi­tions incon­tour­nables : être (ou s’afficher) pro-LGBT+. Une charte a été pon­due par les cadres du par­ti et on se doit de la res­pec­ter comme les com­man­de­ments de la sainte Bible. Certains, prêts à renier leurs convic­tions d’hier pour un convoi­té fau­teuil de maire s’en sont mor­du les doigts, contraints qu’ils furent de se plier aux céré­mo­nies publiques de la repen­tance.

Car de grands inqui­si­teurs-déla­teurs sont là pour veiller à ce qu’il n’y ait pas de bre­bis galeuses dans le trou­peau et que l’on bêle à l’unisson. En l’occurrence, il s’agit d’un groupe d’activistes pro-LGBT qui s’est don­né mis­sion de débus­quer les can­di­dats dou­teux.

Par le biais du compte Twitter « Un LMPT dans ta ville », (LMPT = La Manif Pour Tous), ces com­mis­saires du peuple auto­pro­cla­més dénoncent ceux qui, un jour ou l’autre sont sor­tis des clous du « pro­gres­sisme » pour avoir, peu ou prou, enfreint l’un des « 10 enga­ge­ments éthiques de l’élu local pro­gres­siste » édic­tés par la charte :10 engagements éthiques - Élu local progressiste - LREMNota Bene : les diri­geants natio­naux du mou­ve­ment NE SONT PAS TENUS par ces enga­ge­ments.

Quand on pense que Macron nous invi­tait récem­ment à aller essayer la dic­ta­ture ailleurs…

À s’être fait pié­ger par cette bouf­fon­ne­rie, puis mis en accu­sa­tion, on trouve :
• Aurélie Taquillain, élue muni­ci­pale à Courbevoie, ancien membre des Républicains,
• Hanna Sebbah, ancienne colis­tière de Nathalie Kosciusko-Morizet,
• Yvan Lachaud, can­di­dat à Nîmes, et quelques maires sor­tants sym­pa­thi­sants LR comme
• Patrick Ollier, à Rueil-Malmaison,
• Caroline Cayeux, à Beauvais,
• Jean-Luc Mouden, à Toulouse, etc.
Tous ayant eu, par le pas­sé, une atti­tude jugée dou­teuse par l’inquisition LGBT ou, sacri­lège ultime, ayant sou­te­nu la Manif Pour Tous.

Hannah Sebah a été épin­glée pour avoir signé une tri­bune anti-PMA. Aurélie Taquillain est dénon­cée pour avoir bat­tu le pavé avec les anti-mariage gay en 2014. Yann Lachaut est signa­lé pour avoir par­ti­ci­pé, lui aus­si, à une manif oppo­sée au mariage gay… Et dans la fou­lée de cette chasse aux sor­cière, tout le monde y passe comme Marie Guévenoux, vice-pré­si­dente de la com­mis­sion d’investiture, esti­mée cou­pable d’avoir dis­tri­bué sou­tiens et inves­ti­tures sans dis­cer­ne­ment. Et jusqu’au corps pré­fec­to­ral lui-même tant qu’on y est : le pré­fet Claude d’Harcourt s’est trou­vé mis en accu­sa­tion pour avoir, lors de sa céré­mo­nie de vœux, expri­mé son inquié­tude sur le pro­jet de loi bioé­thique esti­mant qu’il « porte une rup­ture anthro­po­lo­gique majeure ». Il a fini dare-dare dans le bureau de Castaner où il a été prié de faire des excuses publiques.

Si nous ne sommes pas en dictature, preuve est faite que nous sommes néanmoins sous un régime autocratique totalitaire

Ce que, dès la fin de 2017, cent membres du par­ti LREM avaient déjà dénon­cé en ren­dant leur carte. Ce qui expli­que­rait aus­si le taux de déser­tions sur les bancs de l’Assemblée natio­nale où les départs se suc­cèdent à un rythme encore jamais vu sous la Ve République : plus d’une dou­zaine à mi-man­dat. Depuis le début de l’année l’hémorragie s’est accé­lé­rée avec la fuite de Valérie Petit, dépu­tée de la 9e cir­cons­crip­tion du Nord, et d’Annie Chapelier, dépu­té du Gard.

Alors, quand Macron dit « Une dic­ta­ture, c’est un régime où une per­sonne ou un clan décident des lois »,
• soit il n’a pas bien les yeux ouverts,
• soit il se moque du monde,
• soit il est sot.
Cette der­nière hypo­thèse étant à écar­ter, res­tent les deux autres.
La phrase sui­vante nous éclaire : « La dic­ta­ture, elle jus­ti­fie la haine. La dic­ta­ture, elle jus­ti­fie la vio­lence pour en sor­tir ». Mais, cher Président, ne voyez-vous pas que nous y sommes ? La pre­mière hypo­thèse serait donc la bonne ? Pas si vite ! Car Macron pré­cise : « Mais il y a en démo­cra­tie un prin­cipe fon­da­men­tal : le res­pect de l’autre, l’interdiction de la vio­lence, la haine а com­battre ». Le res­pect de l’autre ? Mais quel exemple avez-vous don­né, mon­sieur le Président, depuis votre arri­vée au pou­voir ? Je vous cite : Les femmes sala­riées de Gad, « pour beau­coup illet­trées », les gens « qui ne sont rien », ceux « qui foutent le bor­del au lieu d’aller cher­cher des postes ailleurs », les « fai­néants et les cyniques », les « Gaulois réfrac­taires au chan­ge­ment » et les Gilets Jaunes « homo­phobes et anti­sé­mites » ou encore, « je tra­verse la rue, je vous en trouve du tra­vail », etc.

Au bout du compte, il sem­ble­rait que ce soit la deuxième hypo­thèse la bonne : Macron se moque du monde !

Par excès d’arrogance et de suf­fi­sance, il ne peut s’empêcher de balan­cer des phrases qui donnent rai­son à ses oppo­sants. Mais l’exercice com­mence à deve­nir périlleux car, ain­si que le dit Médiapart : « Quand c’est la conne­rie qui prend le pou­voir, la dic­ta­ture n’est jamais très loin »…

La troi­sième hypo­thèse serait-elle la bonne, in fine ?
Ou alors les trois à la fois ?

Charles André

« L’important n’est pas de convaincre mais de don­ner à réflé­chir. »