Journal d’un con… finé

Le 31 mars 2020
Éric de Verdelhan nous envoie son jour­nal de con… fine­ment :

« Des cher­cheurs, on en trouve, mais des trou­veurs, on en cherche… »
(Charles de Gaulle, au sujet du CNRS, 1965).
« Quand toutes les bar­rières sani­taires seront tom­bées et qu’il y aura une grippe à New Delhi, elle arri­ve­ra dans le Berry ».
(Philippe de Villiers, cam­pagne des élec­tions euro­péennes, 1994).

En temps nor­mal, sauf lorsque je suis en voyage, j’écris deux ou trois articles par semaine pour des revues, sites ou blogs « amis ». Or, main­te­nant que je suis confi­né à mon domi­cile, je n’ai plus envie d’écrire. N’étant ni cher­cheur, ni méde­cin je n’ai pas d’avis sur le coro­na­vi­rus. Et, cela va sans dire, aucune idée sur ce qu’il fau­drait faire pour s’en débar­ras­ser. Je me demande sim­ple­ment quand et com­ment nous en sor­ti­rons ? Si nous en sor­tons !

Claquemuré chez moi, j’observe – avec inquié­tude – ce que cette crise grave révèle de l’état de pour­ris­se­ment de notre pays. Je vis, je sur­vis, en me res­sas­sant ces vers de Paul Morand :
« Je ne sais pas si c’est ma faute ou mon des­tin,
Mais j’arrive tou­jours quand la lumière s’éteint. »
On a vrai­ment l’impression que, depuis un demi-siècle, tout est mis en œuvre pour détruire notre his­toire, nos valeurs, nos tra­di­tions judéo-chré­tiennes. On veut la mort de la Nation France.

Avec le Coronavirus, on dirait que le temps s’est arrê­té ? Le monde s’est arrê­té ? Que nen­ni !

Comme tous les Français, je regarde la télé. J’assiste au défi­lé inin­ter­rom­pu de ministres, experts auto­pro­cla­més, hauts fonc­tion­naires, grands pro­fes­seurs(1) qui viennent avec emphase débal­ler leurs cer­ti­tudes sur les dif­fé­rentes chaînes. J’ai rete­nu trois infor­ma­tions, ano­dines mais qui en disent long sur la façon dont nos diri­geants appré­hendent cette pan­dé­mie.
a) Le pre­mière émane de Laurent Nuñez. Vous savez, ce flic au phy­sique de porte-flingue de film de série B, qu’on a nom­mé en dou­blon – ou dou­blure ? – de Castaner, pour pal­lier l’amateurisme de l’ex-joueur de poker au minis­tère de l’Intérieur. Ce duo de comiques-trou­piers rap­pelle les Dupont (T et D) de « Tintin », mais il ne fait rire que… nos voi­sins euro­péens.
Monsieur Nuñez nous apprend que, pour évi­ter un embra­se­ment des zones de non-droit, le confi­ne­ment est « assou­pli dans les ban­lieues ». Non, vous ne rêvez pas ! Le Franchouillard qui sort de chez lui sans l’«Ausweiss » régle­men­taire s’expose à une amende de 135 €.Courbe coronavirus

En fin de semaine, le gou­ver­ne­ment se tar­guait d’avoir ver­ba­li­sé… 240 000 contre­ve­nants. Mais il serait dom­mage que les racailles ne puissent pas se livrer à leurs « deals » et tra­fics en tous genres. Accessoirement, il faut aus­si que les bobos de la gauche-caviar puissent ache­ter leur came – douce ou dure – puisque les boites de nuit bran­chées sont fer­mées.

b) La seconde infor­ma­tion va dans le même sens. On nous dit qu’à Calais – cette fameuse « jungle de Calais » qui n’existe plus – les migrants seront sou­mis au confi­ne­ment « sur la base du volon­ta­riat ». Là encore, vous ne rêvez pas ! On ne doute pas un seul ins­tant que le clan­des­tin, qui n’aspire qu’à rejoindre la « per­fide Albion », va se por­ter volon­taire pour res­ter confi­né dans un centre d’accueil. Et l’argument pour jus­ti­fier une telle énor­mi­té est impa­rable : « Pourquoi les ver­ba­li­ser puisque, de toute façon, ils ne paie­ront pas ? ».

c) La troi­sième info nous a été don­née – rapi­de­ment, presque en cati­mi­ni – par le pro­fes­seur Jérôme Salomon. Ce triste sire vient, tous les soirs, faire une com­pa­ti­bi­li­té pré­cise de l’évolution de la pan­dé­mie. Contrairement à Macron, qui a été for­mé à la comé­die(2), Salomon nous débite son bara­tin sans la moindre into­na­tion com­pas­sion­nelle : c’est froid et sans âme comme une cir­cu­laire admi­nis­tra­tive énon­cée par un rond-de-cuir. Et c’est nor­mal puisque Salomon est un rond-de-cuir.
Nous savons que tous les soins dits cou­rants, non-vitaux, sont sus­pen­dus et repor­tés sine die au pro­fit des malades du coro­na­vi­rus. Vu sous cet angle, ça semble assez logique. Oui, mais voi­là que Salomon nous glisse subrep­ti­ce­ment : « Bien sûr les centres d’IVG res­tent ouverts ». Combien de fois ai-je écrit que, depuis la « Loi Veil » auto­ri­sant – que dis-je ? léga­li­sant – l’Interruption Volontaire de Grossesse, à rai­son de 220 000 IVG par an (3), notre pays a tué plus de 9 mil­lions de petits Français ?

Nous contri­buons gran­de­ment nous-mêmes au « rem­pla­ce­ment de popu­la­tion » vou­lu par
les mon­dia­listes, car, ne nous leur­rons pas, la « diver­si­té » et les nou­veaux arri­vants – musul­mans
entre autres – ne font pas avor­ter leurs femmes.

En 1981, Jacques Attali – celui qui a for­mé Macron – pré­co­ni­sait l’euthanasie pour les malades de plus de …65 ans. En fait, les tenants d’un Nouvel Ordre Mondial attaquent l’omelette par les deux bouts : on tue les enfants à naître et on laisse nos vieillards tom­ber comme à Gravelotte dans des EHPAD-mou­roirs. Parfois, cette volon­té de tuer nos vieux est contra­riée par un per­son­nel soi­gnant admi­rable qui accepte même d’être confi­né avec ses malades.

Jeudi 26 mars, le Parlement Européen se réunis­sait pour une ses­sion extra­or­di­naire dédiée à la crise du coro­na­vi­rus. En ouver­ture de séance, le pré­sident (socia­liste) du Parlement, David Sassoli, a décla­ré : « Il faut don­ner de l’es­poir aux citoyens pour faire face en ces temps obs­curs, il faut leur appor­ter la lumière ». Ces pro­pos ridi­cules seraient risibles si la situa­tion n’était pas aus­si grave !

La pré­si­dente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, après avoir recon­nu qu’elle a « sous-esti­mé le coro­na­vi­rus », a fus­ti­gé les pays qui « construisent des bar­rières ».

Jusqu’au bout, Bruxelles a tenté d’empêcher la fermeture des frontières

Manifestation No Border Calais

La solu­tion ? Ursula Von der Leyen nous la donne : « Face à la conta­gion du virus il y a un anti­dote, c’est l’a­mour et la com­pas­sion ». Non, vous ne rêvez pas !

Plutôt que de sou­te­nir les États en dif­fi­cul­té, Von der Leyen pré­fé­rait ouvrir mer­cre­di – en douce – les négo­cia­tions d’adhésion à l’UE d’un État mafieux (et isla­mi­sé à 80%) comme l’Albanie. Avec le coro­na­vi­rus, on semble avoir oublié la pres­sion migra­toire aux fron­tières de la Grèce ou encore le débat hou­leux sur les retraites. Pourtant, au-delà des mesures qu’impose notre sur­vie, il fau­drait, d’ores et déjà, se pen­cher sérieu­se­ment sur les solu­tions struc­tu­relles qui devront suivre cette pan­dé­mie presque unique dans notre his­toire(4).

Nos poli­ti­ciens déplorent la dés­in­dus­tria­li­sa­tion de la France, inca­pable de pro­duire des masques et des res­pi­ra­teurs. La menace de plu­sieurs mil­liers de morts – com­bien ? – leur ouvre les yeux sur les ver­tus de l’indépendance natio­nale. Enfin ! Pas trop tôt !

La France, sixième puis­sance mon­diale, est contrainte de men­dier l’aide de la Chine pour rece­voir en urgence un mil­lion de masques. Au début de la pan­dé­mie, Macron, grand et géné­reux, envoyait un stock de masques à la Chine, puis, der­niè­re­ment, des kits de dépis­tage à l’Algérie.

Or, que je sache, « gouverner c’est prévoir »

Et pré­voir, c’est anti­ci­per et non se conten­ter d’appliquer bête­ment, et dans l’urgence, les pré­co­ni­sa­tions des « scien­ti­fiques » (ou pré­ten­dus tels). Nos diri­geants — les ama­teurs de l’équipe Macron ou les vieux bris­cards de la poli­tique des gou­ver­ne­ments pré­cé­dents — apprennent ce qu’est la véri­table action poli­tique. Ils croyaient naï­ve­ment que l’économie ouverte et mon­dia­li­sée pou­vait régen­ter le monde et ils découvrent que c’est la déci­sion humaine et non les flux, livrés à eux-mêmes, qui font l’Histoire et le deve­nir d’une Nation. On pense à la belle cita­tion de Jean-Marie Bastien-Thiry : « Il n’y a pas de sens de l’histoire. Ce qui fait l’histoire, c’est la volon­té des hommes ; ce sont leurs inten­tions bonnes ou mau­vaises. »

Les inca­pables qui nous gou­vernent s’inquiètent du risque de pénu­rie de médi­ca­ments. Ils font sem­blant de décou­vrir que la mon­dia­li­sa­tion a entrai­né la délo­ca­li­sa­tion de presque toutes nos acti­vi­tés stra­té­giques, sou­vent vitales, à l’étranger. Jusqu’à pré­sent, ces irres­pon­sables pré­co­ni­saient une éco­no­mie à « haute valeur ajou­tée » comme seule solu­tion com­pé­ti­tive. Voilà qu’ils découvrent — tel un canard devant une paire de bre­telles — que l’agriculture, l’énergie, la défense, la san­té, sont des sec­teurs que nous devons mai­tri­ser nous-mêmes, dans un monde en ten­sion et aux res­sources qui s’épuisent. Il devient néces­saire, indis­pen­sable, de relo­ca­li­ser des pans essen­tiels de l’économie. Mais cela implique d’oublier le logi­ciel éco­no­mique de l’Union Européenne ; celui dans lequel a été for­ma­té(5) Macron.

Nos hommes poli­tiques nous prennent-ils pour des imbé­ciles ? Ils découvrent les méfaits du « capi­ta­lisme sau­vage », celui qu’ils ont ins­tau­ré depuis des décen­nies : une socié­té déshu­ma­ni­sée où l’individualisme est deve­nu la norme. Cet indi­vi­dua­lisme for­ce­né dont ils ont fait un modèle, puisqu’ils ont tota­le­ment ban­ni toute trans­cen­dance, toute morale com­mune. Ils ont éri­gé la liber­té indi­vi­duelle, le désir, le plai­sir, comme base de « leur » démo­cra­tie libé­rale et ils ont détruit la notion même de Nation, ce vec­teur natu­rel de la fra­ter­ni­té.

Macron veut jouer au « chef de guerre ». Les lèches-bottes qui l’ont com­pa­ré à Clémenceau dans les tran­chées sont des cré­tins. L’avorton pré­si­den­tiel tente vai­ne­ment de se his­ser à la hau­teur des évé­ne­ments. Son incroyable déci­sion du main­tien des élec­tions était une imbé­ci­li­té cri­mi­nelle. Depuis, il a chan­gé de registre et il nous parle d’une pan­dé­mie « comme nous n’en avons jamais connu depuis plus d’un siècle ». Faut-il rap­pe­ler à cet ignare la « grippe espa­gnole » qui s’est répan­due dans le monde de 1918 à 1919 ? Cette pan­dé­mie a fait 50 mil­lions de morts selon l’Institut Pasteur, et peut-être 100 mil­lions selon cer­taines rééva­lua­tions récentes, soit 2,5 à 5 % de la popu­la­tion mon­diale. En 1956 et 1957, nous avons connu la « grippe asia­tique ». Née en Chine, l’é­pi­dé­mie s’é­tend à Singapour, pour atteindre Hong-Kong en avril 1957 avec 250 000 malades en peu de temps. Elle touche les États-Unis en juin, pro­vo­quant 69 800 décès. Le virus gagne la tota­li­té du monde en moins de six mois. Le nombre total de décès, sera de l’ordre de 3 ou 4 mil­lions. En France, le virus a conta­mi­né 9 mil­lions d’individus et en a tué 100 000. Nous n’en sommes pas là, enfin, pas encore !

Un jour, plus tard, dans un mois ou un an, il faudra bien poser la question qui fâche :

Pourquoi n’a‑t-on pas anti­ci­pé une telle menace sani­taire ? Comment un pays qui dépense envi­ron 200 mil­liards pour la branche mala­die de la Sécurité Sociale, qui alloue plus de 700 mil­liards de pres­ta­tions sociales par an, peut-il être dans l’incapacité de four­nir des masques à ses per­son­nels soi­gnants, à ses poli­ciers et gen­darmes ? Ou, pire, dans l’incapacité de tes­ter mas­si­ve­ment sa popu­la­tion ?

La gauche et la droite molle se ren­voient la balle, et, pour une fois, ils ont rai­son. Car ils sont tous res­pon­sables (et tous cou­pables) de l’état pitoyable de la France à l’heure actuelle. Depuis en gros un demi-siècle, ces inca­pables et/​ou ces voyous, qui rêvaient aux « États-Unis d’Europe », ont bra­dé nos indus­tries, appau­vri nos armées, fer­mé des uni­tés de soins, sup­pri­mé des lits d’hôpitaux, bref, ils ont tout fait pour détruire notre indé­pen­dance natio­nale. Dans le même temps, les Nationalistes se fai­saient trai­ter de fachos, de pas­séistes, de rin­gards, etc. Patriotisme éco­no­mique, conser­va­tisme et sou­ve­rai­nisme étaient deve­nus des gros-mots.

« Il y aura un après » disent les naïfs. Pour ma part, je pense que l’après sera…comme avant. Les gens qui nous gou­vernent nous prennent pour des cons depuis des décen­nies. Ils ont fait de nous des cons…finés ; nous rede­vien­drons des cons…tribuables, point barre !

Éric de Verdelhan

(1) Vous aurez remar­qué, chers lec­teurs, qu’en France les fonc­tion­naires sont tou­jours hauts et les pro­fes­seurs grands.
(2) Formé par la gen­tille madame Auzière, née Trogneux, sa prof de fran­çais et de théâtre. De sur­croît, celle qui l’a déniai­sé.
(3) Fourchette basse des chiffres offi­ciels : on compte entre 220 et 250 000 IVG par an en France.
(4) N’oublions quand même pas la Grande Peste, la Grippe Espagnole, la Grippe Asiatique, etc.
(5) Formaté en grande par­tie par Jacques Attali, lui-même marion­nette de George Soros.