Les Ehpad, pas mieux lotis que les hôpitaux publics

Une affaire qui fait du bruit dans la région, c’est celle de l’Ehpad Korian La Riviera au quartier de Tournamy à Mougins

Un ami m’en­voie un mail lun­di soir : « Savais-tu qu’il y avait 12 per­sonnes décé­dées pro­ba­ble­ment du Covid-19 à Mougins ? » Le len­de­main, on appre­nait que c’é­taient 15 rési­dents qui avaient per­du la vie, et que la cause en était bien le fameux virus…

En fait le bilan n’al­lait pas ces­ser de s’a­lour­dir et ven­dre­di, on en était à 29 morts, tous en lien avec le coro­na­vi­rus, ce que le maire de Mougins, le doc­teur Richard Galy a qua­li­fié d’a­po­ca­lyp­tique et de véri­table héca­tombe.

Une réunion s’est donc dérou­lée en pré­sence des res­pon­sables de l’é­ta­blis­se­ment (Korian) et de l’Agence Régionale de Santé (ARS), mais d’a­près le pre­mier magis­trat, il n’en est sor­ti aucune déci­sion concrète.
« Ça fait qua­si­ment deux semaines que je demande de tes­ter tout le monde (…) Nous sommes le 3 avril et aujourd’­hui il sem­ble­rait que la moi­tié du per­son­nel soit tes­tée mais les rési­dents tou­jours pas », a‑t-il décla­ré. Il lance donc selon ses propres mots, un ulti­ma­tum pour que dès lun­di (le 6 avril 2020), le per­son­nel et tous les rési­dents soient tes­tés afin de pou­voir iso­ler de manière her­mé­tique les per­sonnes saines des per­sonnes infec­tées.

Dans la néga­tive, M. Galy deman­de­ra la réqui­si­tion d’un hôtel afin de sau­ve­gar­der ceux qui peuvent encore l’être, l’ur­gence prime. Ce qui semble pour l’ins­tant impos­sible, à cause des… normes impo­sées, ce qui fait bon­dir le maire : « De quelles normes parle-t-on lors­qu’il s’a­git de sau­ver des vies ? La seule norme abso­lue est de secou­rir au plus vite les rési­dents ».

La socié­té Korian, qui gère l’Ehpad de Mougins, a décla­ré avoir démar­ré hier ven­dre­di (soit 5 jours après la pre­mière alerte) un dépis­tage des soi­gnants et pré­vu celui des rési­dents pour lun­di, soit une semaine après.

Les rési­dences pri­vées pour séniors ne sont pas mieux loties que les hôpi­taux publics, bien que les séjours y soient très oné­reux.

Patrice LEMAÎTRE