La société de consommation se saborde elle-même !

Les édi­tions Dualpha rééditent le livre écrit en 2014 par notre rédac­teur en chef, Georges Gourdin :
Sabotage, appel à la grève de la socié­té des consom­ma­teurs.
À cette occa­sion, il est inter­ro­gé par EuroLibertés, le site de la réin­for­ma­tion euro­péenne (pro­pos recueillis par Fabrice Dutilleul).

Pourquoi réédi­ter votre livre « Sabotage, Appel à la grève des consom­ma­teurs » aux édi­tions Dualpha qua­si­ment tel quel ? Seul le sous-titre dif­fère : « Sabotage, Sabordons la socié­té de consom­ma­tion »…

Ce sous-titre est plus expli­cite, plus dans l’action et plus en phase avec le titre lui-même qui invite à sabo­ter notre socié­té de consom­ma­tion. Le livre invite à appli­quer des tech­niques de sabo­tage (vocable repris tel quel dans la plu­part des langues) pour saper la socié­té de consom­ma­tion, donc pour la sabor­der.

Pour autant le livre n’a pas pris une ride depuis sa pre­mière édi­tion. Au contraire ! Il s’est boni­fié et conserve toute sa per­ti­nence.

Vous appe­lez à sabo­ter le Système par un moyen inédit, la grève de la consom­ma­tion ou plu­tôt désor­mais le sabor­dage de la socié­té de consom­ma­tion, alors qu’avec la crise liée au coro­na­vi­rus elle se saborde toute seule.

J’ai du mal à dire que c’est une bonne nou­velle car je suis conscient des souf­frances que l’é­pi­dé­mie actuelle génère : des souf­frances affec­tives avec la dis­pa­ri­tion d’êtres chers, mais aus­si la souf­france éco­no­mique avec la fer­me­ture des entre­prises. Alors, effec­ti­ve­ment, la socié­té de consom­ma­tion est for­te­ment ébran­lée par le confi­ne­ment qui nous est impo­sé. De ce point de vue, je suis d’accord avec vous pour dire que la socié­té de consom­ma­tion se saborde elle-même. Je consi­dère que la phase 1, en fait la plus dure de la « grève de la consom­ma­tion » est qua­si­ment révo­lue avec l’arrivée inat­ten­due du virus qui met tout le Système à genoux.

Mais dans mon livre, j’insiste sur la pré­pa­ra­tion cultu­relle, voire éthique, préa­lable au sabor­dage de cette socié­té de consom­ma­tion. Faire la grève de la consom­ma­tion implique l’acceptation de la fru­ga­li­té dans un monde du Toujours Plus. Ce n’est pas facile. Pour y par­ve­nir, il faut ren­ver­ser les valeurs, en finir avec l’argent-roi, en finir avec un mode de vie maté­ria­liste et indi­vi­dua­liste. Il faut ren­ver­ser la table.

Les évé­ne­ments récents montrent que la table est ren­ver­sée et le Système avec…

Non, jus­te­ment, détrom­pez-vous. Je décris par quel pro­ces­sus com­por­te­men­tal, mais aus­si cultu­rel et éthique, il faut pré­pa­rer le sabo­tage du Système. J’explique qu’il faut le faire mou­rir de l’intérieur comme cela s’est pro­duit avec le com­mu­nisme. Le Système n’est pas mort. Ses diri­geants tentent de nous démon­trer que si crise il y a, c’est parce qu’il n’y a pas suf­fi­sam­ment de pou­voir supra­na­tio­nal. Ils s’activent à rebon­dir sur la crise pour nous aler­ter sur les dan­gers de l’individualisme – com­pre­nez « l’individualisme natio­nal » – et nous emme­ner vers encore plus de gou­ver­nance mon­diale. Ils nous pré­parent à faire redé­mar­rer l’économie avec plus de tra­vail et moins de liber­tés.

Dans le même temps, il faut consi­dé­rer cette crise comme une oppor­tu­ni­té pour tous ceux qui ne veulent pas de cette gou­ver­nance mon­diale. Les Français découvrent, un peu contraints et for­cés, certes, mais pour­quoi s’en plaindre ! la sobrié­té, la mesure. Ils découvrent la proxi­mi­té, le temps pour soi. Ils découvrent le « Rien de trop » des anciens Grecs. Ils enclenchent des bribes de soli­da­ri­té. De nom­breux Français prennent conscience de l’absurdité et des dan­gers du monde dans lequel ils vivaient. Des bou­le­ver­se­ments non seule­ment com­por­te­men­taux s’opèrent, mais éga­le­ment poli­tiques. Il faut que les esprits soient clairs et forts dans la période de tur­bu­lence qui s’annonce.

Mon livre les pré­pare à tra­ver­ser la crise mal­gré les dou­leurs qu’elle induit, c’est vrai, mais il les pré­pare aus­si, et sur­tout, au monde d’après.

Sabotage ! Sabordons la socié­té de consom­ma­tion !
de Georges Gourdin
Préface de Philippe Milliau
Éditions Dualpha
Collection « Patrimoine des Héritages », diri­gée par Philippe Randa,
150 pages, 21 euros
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