Métropole Nice Côte d’Azur : une machine à cash

Mégalo Nice, ils le savent les électeurs, ça ?

Pour les rares élec­teurs qui ont encore hono­ré les iso­loirs de leur pré­sence aux Municipales, ceux qui ne sont pas encore désa­bu­sés, voire écœu­rés par la chose poli­tique : sans doute n’ont-ils pas remar­qué ce qu’é­tait cette liste annexe de Conseillers métro­po­li­tains, figu­rant sur leur bul­le­tin de vote. Un sup­plé­ment gra­tuit de liste, à la liste du can­di­dat maire. Les gens ont donc bien voté pour « en même temps » deux listes dis­tinctes. Celle de leur maire et celle de la Métropole Nice Côte d’Azur.Métropole Nice Côte d'Azur

Mais qu’est-ce-que c’est que ce truc ? Disons-le directement : une machine à cash pour rémunérer des élus municipaux nécessiteux.

Visite gui­dée de la méga­lo-pole. Elle regroupe 49 com­munes et envi­ron 540 000 habi­tants. De méga­lo Nice, 340.000 habi­tants à « mini » Rimplas, 113 âmes.
Métropole - Nice Côte Azur
S’agissant des affaires des ter­ri­toires, il y avait la mai­rie et son can­ton­nier pour le tout venant et les Département pour les gros tra­vaux… voire la Région, voire l’État, voire l’Europe. Maintenant, entre les deux, s’est inter­ca­lé subrep­ti­ce­ment cet éche­lon de bras­seurs d’air : la com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ré de com­munes.
Ainsi, le direc­teur géné­ral des ser­vices, le plus haut fonc­tion­naire au sein de la Métropole, a la charge de 12 000 agents dont 3 500 agents métro­po­li­tains. Ça en fait des chefs de chan­tiers pour contrô­ler le seul ouvrier appuyé sur sa pelle.
Mais sur­tout, démo­cra­tie répu­bli­caine oblige, il faut des élus pour insuf­fler leur dyna­misme à cette méga­lo-struc­ture de mouches du coche. Tous issus des élec­tions muni­ci­pales, c’est donc : accro­chez-vous bien sur votre siège. Ça nous coûte un pognon de dingue, comme dirait le plus filou d’entre tous.

1 pré­sident, M. Christian Estrosi à 5 600 euros/​mois (plus ses man­dats de maire et tous les autres)
20 autres maires décla­rés vice-pré­si­dents (et oui, il en faut bien 20 !) à 2 800 euros/​mois
130 conseillers métro­po­li­tains à (?) dont une bonne par­tie délé­gués à 1 100 euros/​mois

Tous ces élus, éli­gibles au por­te­feuille son­nant et tré­bu­chant, doivent se réunir au moins une fois par tri­mestre en la pres­ti­gieuse salle du CUM réamé­na­gée à chaque fois pour la cir­cons­tance. C’est dire si la tâche est lourde et chro­no­phage.
Métropole Nice Côte Azur - Assemblée - CUM

Pour 2020, le bud­get de ce « truc » est de : 1 462 925 475 € soit un mil­liard et demi d’eu­ros ! Budget métropole Nice Côte Azur

Les charges de per­son­nel : 216 mil­lions d’euros ici. La masse sala­riale repré­sente près du tiers des dépenses réelles de fonc­tion­ne­ment de la Métropole en 2020.Métropole Nice Côte Azur - Budget salaires

Quant à la masse des « indem­ni­tés » dévo­lues aux élus, bizar­re­ment cela n’ap­pa­raît nulle-part. Un cal­cul facile et certes empi­rique, d’a­près les infor­ma­tions ci-des­sus, on arri­ve­rait à quelques 2,3 mil­lions d’eu­ros par an.
On com­prend mieux pour­quoi, tous les maires aux alen­tours ont vou­lu s’a­gré­ger à ce pillage démo­cra­tique en règle. Le maire de Rimplas, affu­blé de 650 euros pour ses mal­heu­reux 113 habi­tants, se voit ain­si aug­men­ter sen­si­ble­ment ses indem­ni­tés grâce à la Métropole.
Autre exemple : Roland Constant, pré­sen­té comme adjoint au maire de Cagnes, Louis Nègre cumule :
• ses indem­ni­tés d’ad­joint d’une ville de plus de 50 000 habi­tants, nor­ma­le­ment pla­fon­nées mais aug­men­tées d’un cadeau-bonux par ses colis­tiers 2 400 euros,
• aug­men­tées de 15 %, sa ville est bureau de Canton,
• aug­men­tées de 25 %, sa ville est décla­rée « ville tou­ris­tique »,
• aug­men­tées de 2 300 euros, il est éga­le­ment conseiller dépar­te­men­tal,
• aug­men­tées de 1 100 euros, il est délé­gué métro­po­li­tain.

On arrive à 6 700 euros plus tous les avan­tages en nature, véhi­cule mis à dis­po­si­tion, télé­phone, notes de frais, etc. Pas mal pour cette acti­vi­té répu­tée béné­vole. Il semble qu’il soit plus inté­res­sant d’être « simple » élu muni­ci­pal que chi­rur­gien. On note­ra que les quelques élus de son oppo­si­tion rece­vront eux : zéro euro !

La Fraternité républicaine au sein du conseil municipal cagnois s’efface à l’ouverture du tiroir-caisse.

Et tout ça, c’est du local. Imaginez un peu ce qu’il se passe au-des­sus, de la Région au Sénat jus­qu’à l’o­paque Europe. Chers contri­buables, bonnes vacances ! Et n’ou­bliez pas de voter la pro­chaine fois. Quant aux abs­ten­tion­nistes désem­pa­rés, bonne pêche !

Michel Lebon

2 Commentaires 

  1. Les sei­gneurs sont de retour… Gare à la révo­lu­tion qui gronde ! C’est du déjà vu.

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  2. La gabe­gie finan­cière dans toute son expres­sion.….….….

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