De Vinci à Vince, l’histoire du parachutisme est étroitement liée à l’Histoire de France

18 novembre 2020 | 3 Commentaires 

Le 17 novembre 2020, le Français Vincent Reffet, alias Vince, a effectué son dernier saut à 36 ans

Il est décé­dé à la suite d” un acci­dent de del­ta­plane moto­ri­sé à Dubaï. Parachutiste pro­fes­sion­nel, 17 000 sauts, il a explo­ré toutes les dis­ci­plines de ce sport. Premier saut à 16 ans, équipe de France de para­chu­tisme et puis une rafale d’ex­ploits dans tous les domaines du saut dans le vide.

Relevons par exemple :
• le « base jump », saut à par­tir d’un point fixe : falaise, un gratte-ciel, etc.

Fred Fugen - Vince Reffet - saut Dubaï

Vince Reffet et Fred Fugen s’é­lancent de la plus haute tour du monde, la Burj Khalifa (828 m) à Dubaï

• le « wing­suit », encore un mot anglais, com­pre­nez « aile cos­tume ». Ce mode de saut fut inau­gu­ré par le mal­heu­reux tailleur fran­çais Henry François Reichelt qui a ouvert la voie de cet habit en sau­tant de la Tour Eiffel. Il s’é­cra­sa plus bas.Henri-François Reichelt - saut tour Eiffel

C’est avec le même type de cos­tume que Vince « tay­lor » vole en for­ma­tion avec la pres­ti­gieuse Patrouille de France. Vince Reffet - patrouille France

Et encore :

Vince Reffet - Vol airbus Emirates

Vince vole en for­ma­tion avec un… Airbus A380

Ou encore cet exploit inouï : Vince Reffet et Fred Fugen, tous deux savoyards, s’é­lancent d’un som­met alpin à plus de 4000 m et rejoignent un avion en plein vol !

Autre exploit sous d’autres cieux :

Vince Reffet - Mont Tianmen

En Chine, Vince Reffet passe à tra­vers le châs for­mé par la mon­tagne du Mont Tianmen « La porte du ciel », une ouver­ture de 130 m de haut pour 30 m de large

C’est le plus fran­çais des Italiens Léonard de Vinci qui ima­gi­na le para­chute en 1485.

Il en a rêvé, le Français André Jacques Garnerin l’a fait en 1797 en sau­tant d’un bal­lon au-des­sus du parc Monceau à Paris. Il a ouvert la voie du ciel.André Jacques Garnerin - Premier saut parachute

Les Français ont toujours été les premiers dans ce domaine

L’équipe de France de para­chu­tisme rafle tous les podiums des mul­tiples cham­pion­nats du monde. Seulement voi­là, le para­chu­tisme ne fait pas recette dans les médias. Ce n’est pas même une dis­ci­pline olym­pique, car consi­dé­ré comme un sport méca­nique au même titre que la moto ou la course auto­mo­bile. Pour leurs des­centes, je ne sache pas que les skieurs remontent les pistes à peaux de phoque.
Le cou­rage, l’en­ga­ge­ment, la prise de risque, ça n’est plus vrai­ment dans l’air du temps dans cette socié­té du confort facile. Pire, il y a même une conno­ta­tion néga­tive dans ce simple mot : para.

Charlie Hebdo 1974 n°208 - Couverture Cabu - paras

Caricature de Cabu pour la page de cou­ver­ture de Charlie Hebdo (1974)

En effet, au-delà de cet aspect spor­tif, cha­cun sait que le para­chu­tiste est emblé­ma­tique des troupes d’as­saut. Là-aus­si, les Français sont les meilleurs du monde. Mais tout ce qui fait la fier­té d’être fran­çais est reje­té par nos médias.

En pas­sant par la por­tière,
Parachutiste sou­viens-toi, oui sou­viens-toi,
Qu’un jour il pour­rait se faire
Malgré toi, oui, mal­gré toi, la, la, la…
Qu’après une chute libre
Tu auras ces­sé de vivre, la, la, la…
Entorché dans l’atmosphère
Tu tom­be­ras comme une pierre.
Être et durer - 3 RPIMA

Bref, ce Vincent Reffet n’au­ra pas la Légion d’hon­neur pour­tant dis­tri­buée par paquets de dix aux foot­bal­leurs ou autres méri­tants de la République.

Erwan Bergot écri­vait : « Le para ne va pas au ciel, il y retourne ».

Par Saint Michel, vive les paras !Saint-Michel - Patron des paras

Michel Lebon

3 Commentaires 

  1. Merci pour cette pré­ci­sion tech­nique. Et déso­lé d’a­voir « offen­sé » mal­gré moi le pra­ti­quant de del­ta­plane en vol libre. Je ne vois pas en quoi cet article jette le dis­cré­dit sur le del­ta­plane.
    Vince est bien décé­dé avec un pro­to­type de del­ta­plane moto­ri­sé. Il a explo­ré TOUTES ces dis­ci­plines de l’air.
    Ceci-dit, je doute que le grand public fasse la nuance entre tous ces engins, ULM, Jetman, para­mo­teur, etc.
    Fake news, jour­na­liste incom­pé­tent, je met­trai cela au cré­dit de votre sus­cep­ti­bi­li­té poin­tilleuse.
    Dommage que vous n’ayez pas rete­nu le sens de mon article qui ne se vou­lait pas être une fiche technique.

    Répondre
  2. Dramatique acci­dent… comme tout acci­dent. Un aven­tu­rier (un explo­ra­teur) « très expé­ri­men­té » s’en est allé trop tôt en pra­ti­quant sa der­nière pas­sion (une de ses nom­breuses pas­sions de l’air ).
    Un bel article à la mémoire de Vincent et de ces exploits extra­or­di­naires ?
    Mais FAKE NEWS. Car il est dom­mage qu’un jour­na­liste incom­pé­tent, jette le dis­cré­dit sur le DELTAPLANE.
    Une acti­vi­té magni­fique qui s’est déve­lop­pée depuis les années 70. Une acti­vi­té qui est la seule à pro­cu­rer la sen­sa­tion de voler véri­ta­ble­ment comme un oiseau (avec le bat­te­ment d’ailes en moins), de part ses per­for­mances (voler pen­dant des heures et des cen­taines de km) et la posi­tion du pilote (allon­gé sur le ventre), sans autre éner­gie que celles natu­relles de l’at­mo­sphère (ther­mique et dyna­mique). Une acti­vi­té qui per­met de décol­ler sur pente faible en quelques fou­lées et de se repo­ser au même endroit en fonc­tion des éner­gies natu­relles dis­po­nibles (ther­mique et dyna­mique) de l’at­mo­sphère… comme les oiseaux.
    Le DELTAPLANE a été rejoint par le para­pente, en 1985, dans la fédé­ra­tion des acti­vi­tés de vols éco­lo­giques, la fédé­ra­tion de VOL LIBRE. Le para­pente offre le même plai­sir de voler sans autre éner­gie que celle de l’at­mo­sphère avec aus­si la sen­sa­tion de voler comme un oiseau qui vole­rait assis ou allon­gé sur le dos, les pieds en avant.
    Le jour­na­lisme sérieux a un devoir d’in­for­mer cor­rec­te­ment et d’ins­truire la socié­té, pas de jeter le dis­cré­dit sur cer­taines acti­vi­tés.
    Le pro­blème est le même quand des jour­na­listes peu scru­pu­leux ou incom­pé­tents informent d’un acci­dent de petit avion léger ou d’au­to­gyre (tous les deux clas­sés ULM) et illus­trent avec une pho­to d’ULM Pendulaire (« LE » del­ta­plane à Moteur).

    Ne confon­dez pas « JETMAN » et « Deltaplane à Moteur »

    Et ce n’est pas avec le même type de cos­tume que Vince « tay­lor » vole en for­ma­tion avec la pres­ti­gieuse Patrouille de France. C’est avec une aile rigide en car­bone de 2,4 m d’en­ver­gure munie de réac­teurs. Rien à voir avec un del­ta­plane à moteur.

    Mais nous sommes au siècle de l’illu­sion et de la trom­pe­rie facile…

    Répondre
    • J’ai beau relire l’ar­ticle, je ne vois où le jour­na­liste parle en mal du del­­ta-plane ou du para­pente.… Vous êtes súr de votre accusation ?

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