La « nouvelle chronologie » : dernière arme pour détruire l’Occident

7 avril 2021 | 7 Commentaires 

Connaissez-vous le « récentisme » ?

Non ? Normal, ça vient de sor­tir. Des uni­ver­si­taires illu­mi­nés, grands comiques s’ils n’étaient par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reux, ont lan­cé cette théo­rie mar­gi­nale affir­mant que la chro­no­lo­gie uni­ver­sel­le­ment admise des faits his­to­riques serait tota­le­ment incor­recte.

Anatoly Fomenko

Anatoly Fomenko

Anatoly Fomenko - Histoire Fiction Science

Jules César n’aurait pas exis­té ! Si, si ! Et selon Anatoly Fomenko, le père de la théo­rie, l’histoire antique ne serait qu’une vaste inven­tion des Jésuites au XVIIe et au XVIIe siècles. Il affirme que toutes les his­toires antiques (Grèce, Rome, Égypte, Chine…) ne sont que des réécri­tures tar­dives, effec­tuées à la Renaissance à par­tir du récit d’événements sur­ve­nus en réa­li­té au Moyen-Âge et cela au mépris des apports des dif­fé­rentes dis­ci­plines de l’Histoire comme la paléo­gra­phie, la codi­co­lo­gie, la papy­ro­lo­gie, etc.

Par exemple, l’artiste et essayiste alle­mand, Uwe Topper, pré­tend que l’Église catho­lique, lors de la réforme du calen­drier en 1582 sous le pon­ti­fi­cat de Grégoire XIII, a ajou­té quelques siècles dans la chro­no­lo­gie afin d’asseoir la légi­ti­mi­té du catho­li­cisme par son ancien­ne­té. Quant à François de Sarre, zoo­lo­giste fran­co-alle­mand, il sou­tient que notre calen­drier comp­te­rait envi­ron 800 ans de trop. Ce sur­plus s’expliquant par « un évé­ne­ment catas­tro­phique majeur, venu bou­le­ver­ser le cours de l’Histoire, en Europe et ailleurs » comme, par exemple, l’impact d’une comète vers 1350. Ces hur­lu­ber­lus fondent leur dogme sur les mathé­ma­tiques en fai­sant la démon­tra­tion par le cal­cul de la répar­ti­tion quan­ti­ta­tive dans le temps des cita­tions de faits his­to­riques four­nis par les sources écrites de dif­fé­rentes époques.

Ça ne s’invente pas. Une autre par­tie de leur ana­lyse repose sur l’étude des res­sem­blances entre les topo­nymes de dif­fé­rentes langues [source Wikipédia].

Cela pourrait prêter à rire s’il ne s’agissait-là du nouveau terreau des attaques visant l’Occident

La repen­tance tous azi­muts ne leur suf­fit pas, il faut aus­si œuvrer à la des­truc­tion du pas­sé occi­den­tal pour, à terme, ne plus l’enseigner. Philippe Mesnard, rédac­teur en chef de Politique Magazine, s’est pen­ché sur le phé­no­mène dans un article publié par RT France dans lequel il ana­lyse ce mou­ve­ment uni­ver­si­taire. Selon lui, le but évident est « d’asservir les popu­la­tions ». Heureusement, observe-t-il, de vrais scien­ti­fiques par­tout dans le monde ont dénon­cé cette « fan­tas­ma­go­rie » qui rejette l’étude de l’Antiquité au motif – dif­fi­cile à prou­ver scien­ti­fi­que­ment – que « le supré­ma­cisme blanc et le fas­cisme en seraient sor­tis tout armés -. » Citant Raphaël Doan auteur d’une tri­bune du FigaroVox, il explique qu’un pro­fes­seur d’histoire romaine de Stanford, Dan-el Padilla Peralta, affirme que « la pro­duc­tion de la blan­chi­té réside dans les entrailles mêmes des clas­siques. »

On découvre dans l’article quelques unes de ces « fan­tas­ma­go­ries », plus démentes les unes que les autres, allant de la « blan­chi­té » des clas­siques aux états d’âme de Donna Zuckerberg, clas­si­ciste et fon­da­trice du site Eidolon, condam­nant sa propre dis­ci­pline – pour avoir « été his­to­ri­que­ment impli­quée dans le fas­cisme et le colo­nia­lisme, et [qui] conti­nue d’être liée à la supré­ma­tie blanche et à la miso­gy­nie » –, en pas­sant par le « phal­lo­cra­to­car­nisme » de Priscille Touraille. Une authen­tique gué­rilla intel­lec­tuelle menée en déve­lop­pant des « approches non-blanches » des dis­ci­plines clas­siques. On cathé­chise donc que tout ce qui a été ensei­gné aupa­ra­vant était men­songe et qu’il existe une Histoire alter­na­tive, une science non-blanche, radi­ca­le­ment dif­fé­rente, « igno­rée jusqu’alors par pure oppres­sion, digne donc d’être impo­sée par la force ». Et celle-ci ne doit en aucun cas se recou­per avec des faits têtus… qui sont for­cé­ment fascistes.

Que l’Histoire soit un perpétuel questionnement est incontestable

Qu’il soit bon de révi­ser en per­ma­nence nos convic­tions sur la bon­té de Robespierre, la géné­ro­si­té de Lénine, la ten­dresse de Napoléon ou l’intelligence de Woodrow ne fait aucun doute « Mais pro­po­ser, comme ces pro­fes­seurs, de pure­ment et sim­ple­ment pas­ser à la trappe des siècles fon­da­teurs de l’Occident, un Occident qui a lui-même, pour le meilleur et pour le pire, façon­né le monde dans lequel nous vivons tous, y com­pris Africains, Indiens et Chinois, n’est-ce pas se pri­ver de nos racines ? », s’inquiète Philippe Mesnard. Car pour ces uni­ver­si­taires « récen­tistes » qui ont déci­dé que l’Occident devait expier ses péchés, point n’est suf­fi­sant que celui-ci se repente, il faut par des­sus le mar­ché qu’il assiste à la muti­la­tion de son Histoire !

Georges Orwell - 1984

Cette « nov­his­toire » pour­suit le même objec­tif que la nov­langue dans le roman « 1984 », de George Orwell, laquelle sup­pri­mait des mots pour empê­cher qu’on puisse for­mu­ler une pen­sée, car pen­ser était défen­du, explique tou­jours Philippe Mesnard. Dans le même esprit, « la nov­his­toire veut sup­pri­mer les siècles mau­dits pour empê­cher que leur sou­ve­nir n’entrave l’avènement d’un ave­nir radieux : sup­pri­mez la cause, vous sup­pri­me­rez tous les effets ! » Et quand ces pseu­do­his­to­riens révi­sion­nistes n’enseignent pas des absur­di­tés, ils amputent quand même l’héritage : les Hollandais viennent de sor­tir une ver­sion de L’Enfer de Dante où Mahomet a dis­pa­ru pour ne pas cho­quer les jeunes musulmans !

Gustave Doré - Dante - Enfer

Dante et Vergil dans le neu­vième cercle de l’Enfer de Dante – Illustration de Gustave Doré

Bien que reje­tée par la com­mu­nau­té des his­to­riens, par des mathé­ma­ti­ciens et des astro­nomes, car consi­dé­rée comme des pseu­do-théo­ries dénuées de tout inté­rêt scien­ti­fique et his­to­rique, cette doc­trine fait de plus en plus d’adeptes dans les pôles uni­ver­si­taires depuis le milieu des années 1990, notam­ment en Russie où « la nou­velle chro­no­lo­gie » a acquis une cer­taine popu­la­ri­té. En France, elle est por­tée par François Charousset de Sarre qui relaie sur inter­net ces thèses néga­tion­nistes de la chro­no­lo­gie admise.

François de Sarre - Récentisme

En 2013, il a publié, Le récen­tisme, édi­té chez Hades.

Ses spé­cu­la­tions « récen­tistes » sont relayées sous l’impulsion du pro­pa­gan­diste Pierre Dortiguier – récem­ment conver­ti à la reli­gion shiite sous le nom d’Alireza (lire Alireza… Dortiguier : arché­type de l’in­fil­tra­tion maçon­nique).

Décidément le monde de demain se présente sous un jour de plus en plus effrayant !

Charles ANDRÉ
« L’important n’est pas de convaincre mais de don­ner à réflé­chir. »

7 Commentaires 

  1. Si le récen­tisme a ses pro­phètes, la ver­sion de l’his­toire « offi­cielle », qui semble si sacrée aux yeux de cer­tains, a en fait été éla­bo­rée par qui ? et dans quel but ?
    L’esprit cri­tique qui règne sur ce site serait donc limi­té ? et ne pour­rait s’at­ta­quer à cer­tains domaines de la pen­sée ?
    C’est inté­res­sant comme point de vue mais peut être un peu rigide.
    L’histoire « offi­cielle » serait donc une véri­té que l’on ne peut inter­ro­ger sous peine d’être trai­té de révi­sion­niste en quelque sorte ?
    Faut-il étendre la loi Gayssot à toute la science historique ?

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    • Réponse à « Cacatoi » :
      Nice Provence Info vous remer­cie de votre lec­ture atten­tive.
      Nice Provence Info n’a pas de point de vue rigide et s’ef­force de gar­der un esprit cri­tique sur tous les aspects de notre monde et le bouillon­ne­ment des idées. C’est même notre rai­son d’être.
      Nous œuvrons pour la sup­pres­sion pure et simple de la loi Gayssot.
      Ceci pour vous ras­su­rer.
      Toute hypo­thèse est-elle accep­table pour autant au nom de la cri­tique de la Pensée Unique ?
      Nous pen­sons que non car si tout est pos­sible et que tout se vaut, il n’y a plus de pen­sée scien­ti­fique pos­sible, pas de « Vivre Ensemble » pos­sible et encore moins de civi­li­sa­tion.
      Faut-il accep­ter la « théo­rie de la terre plate » au nom de l’ou­ver­ture d’es­prit ? On peut et on doit l’a­na­ly­ser, puis se faire sa propre idée.
      Si on appro­fon­dit le sujet sur le « récen­tisme », la vraie ques­tion à se poser est : pour­quoi telle théo­rie nou­velle nous est pré­sen­tée avec bien­veillance et telle autre ostra­ci­sée ? est LA question.

  2. On n’empêchera jamais des malades du cer­veau de pro­cla­mer et d’es­sayer de pro­pa­ger des théo­ries sor­ties du mael­ström de leurs ima­gi­na­tions. Laissons ces déli­rants vivre et mou­rir car si leurs idéo­lo­gies peuvent durer quelques décen­nies elles seront défi­ni­ti­ve­ment oubliées par l’Histoire.

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  3. Alain Soral s’in­té­resse à cette théorie.

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  4. Il ne faut pas oublier que ce sont les vain­queurs qui font l’his­toire, Polybe le dit lui-même, mais nous n’a­vons pas à aller aus­si loin, la deuxième guerre mon­diale est un exemple qui se passe de com­men­taires, le monde où nous vivons est un monde de valeurs inver­sées, celui de la fin d’un cycle, je ne pense pas que nous puis­sions en sor­tir indemnes, bien que je com­prenne fort bien que cer­tains sites me cen­surent, au lieu de me deman­der de pré­ci­ser ma pen­sée, comme vous avez eu l’in­tel­li­gence de le faire, je ne me réclame d’au­cune reli­gion par­ti­cu­lière sur­tout aujourd’­hui, mais toutes les reli­gions sont un sujet d’études.

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  5. Les « adeptes de la terre plate » sont des com­plo­tistes.
    Les « adeptes du récen­tisme » sont des uni­ver­si­taires qui écrivent des livres et qui ont accès aux grands médias.
    Cherchez l’erreur…

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    • Réponse à Marie-Pierre,
      la réponse est claire : le récen­tisme est né en Russie au XIXe siècle dans des esprits mar­xistes. Son géni­teur Nikolaï Morozov, proche de Marx, par­ti­ci­pa acti­ve­ment à la révo­lu­tion bol­ché­vique dont on connait à pré­sent les dégâts.
      Les Russes se sont débar­ras­sés du mar­xisme après 60 ans de dou­leur mais le mar­xisme n’est pas mort pour autant. Il a trou­vé une nou­velle terre de pré­di­lec­tion : les États-Unis avec l’ap­pui de la Chine.
      Le mar­xisme reprend de la vigueur en France avec tous les mou­ve­ments mar­xistes amé­ri­cains : le récen­tisme, mais aus­si Black Lives Mater, les Black Blocs, LGBT, etc.
      Les Russes ont une avance sur nous : ils se sont débar­ras­sés de cette idéo­lo­gie mor­ti­fère, nous pas encore.

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