Schiappa découvre la pédocriminalité des élites

Marlène Schiappa, notre sémillante secré­taire d’État à l”«Égalité femmes-hommes » — tout un pro­gramme, rien que dans l’in­ti­tu­lé — n’est pas si sotte que son nom le laisse sup­po­ser : dans un com­mu­ni­qué conjoint avec Adrien Taquet, dis­cret secré­taire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, nos deux secré­taires d’État réclament l’ou­ver­ture d’une enquête en France sur l’affaire Jeffrey Epstein.

Pourquoi donc maintenant une enquête en France sur le majordome des partouzes pédophiles de l’élite américaine ?

Cela fait dix ans qu’Epstein fait la navette entre la France et les États-Unis. Epstein pos­sé­dait un appar­te­ment cos­su dans le XVIe arron­dis­se­ment de Paris sur la très hup­pée ave­nue Foch, où il se ren­dait régu­liè­re­ment. Tous ses tra­jets sont archi­vés puis­qu’il se déplace avec son jet pri­vé. Les auto­ri­tés fran­çaises dis­posent du détail de tous ses dépla­ce­ments à l’in­té­rieur même du ter­ri­toire fran­çais. Epstein a pu orga­ni­ser son tra­fic délic­tuel pen­dant des années en béné­fi­ciant de la pro­tec­tion des auto­ri­tés fran­çaises.

Mais à pré­sent le voile se lève sur les com­por­te­ments pédo­sa­ta­nistes des élites (voir notre article du 18 juillet 2019). D’abord aux États-Unis, mais c’est une affaire inté­rieure amé­ri­caine, nous fait-on croire. Les révé­la­tions de la presse sur l’im­pli­ca­tion de la France, et donc sur la conni­vence de nos diri­geants, mettent ceux-ci dans l’embarras. C’en est trop pour l’u­té­rus de Schiappa qui ne sup­porte pas que des ado­les­centes fran­çaises puissent être l’ob­jet de dépra­va­tions à carac­tère pédo­phile de la part d’un mil­liar­daire amé­ri­cain, fût-il de haut vol.

Lettres utérus Marlène Schiappa

Sous l’é­gide de Marlène Schiappa, 16 femmes écrivent des lettres à leur uté­rus (Éd. La Musardine, 2016)

« C’est bien notre rôle d’alerter, défendre et pro­té­ger les jeunes filles » clame à pré­sent Schiappa. Pourquoi ne l’a t‑elle pas fait plus tôt ? Pourquoi a t‑elle atten­du qu’Epstein soit empri­son­né pour lan­cer cette alerte à l’é­gard des jeunes filles de France ? Mieux vaut tard que jamais, d’au­tant qu’Epstein est mort à pré­sent.

Que croyez-vous qu’il arriva ?

Une vague d’ar­res­ta­tions en France sur tous les com­plices connus de ces réseaux iden­ti­fiés ? Pas du tout ! Il n’au­ra suf­fi que de quelques heures pour que Marlène Schiappa se fasse reca­drer par le Garde des Sceaux, la ministre Nicole Belloubet(1) qui lui a rap­pe­lé que « les pour­suites ne sont pas des déci­sions du gou­ver­ne­ment ». La déter­mi­na­tion farouche de l’ad­mi­nis­tra­tion judi­ciaire de pour­suivre et condam­ner les Gilets Jaunes par mil­liers ne serait pas une déci­sion du gou­ver­ne­ment ? Le gou­ver­ne­ment y est étran­ger ? Qui croit encore cela en France ?

Selon le maga­zine Basta ! du 3 avril 2019 :
Les condam­na­tions à la pri­son ferme ou avec sur­sis recen­sées par Basta ! montrent l’ampleur du volet judi­ciaire dans la répres­sion du mou­ve­ment des Gilets Jaunes. Des com­pa­ru­tions immé­diates très nom­breuses, des dos­siers vite fice­lés, des condam­na­tions par­fois sans preuve concrète des faits repro­chés, ou sim­ple­ment pour avoir eu la volon­té de par­ti­ci­per à une mani­fes­ta­tion.
Des Gilets Jaunes jugés en grande par­tie en com­pa­ru­tion immé­diate, des peines allant d’un mois de pri­son avec sur­sis à plus de trois ans de pri­son, des jets de pro­jec­tiles majo­ri­taires par­mi les motifs des condam­na­tions : les chiffres que nous avons publiés donnent une idée du trai­te­ment judi­ciaire du mou­ve­ment des gilets jaunes, qui repré­sente un nombre consi­dé­rable de pro­cé­dures : 2000 par­ti­ci­pants au mou­ve­ment des Gilets Jaunes ont été condam­nés entre mi-novembre et fin mars, 1800 autres per­sonnes sont en attente d’être jugées, selon le minis­tère de la Justice.

À l’in­verse, pas touche aux réseaux pédo­philes de Jeffrey Epstein en France ! Madame Belloubet veut rire, pro­ba­ble­ment. Mais cela ne nous fait pas rire, pas du tout.

Les pédocriminels français bénéficient encore de solides appuis au gouvernement

Il revient au peuple de France — et d’ailleurs — de prendre conscience du phé­no­mène et de son ampleur, de la pro­tec­tion dont béné­fi­cient les acteurs de cette délin­quence auprès de nos ins­ti­tu­tions judi­ciaires et média­tiques et des rai­sons de cette conni­vence nau­séa­bonde.

Massimo Luce

(1) Nicole Belloubet n’est pas tou­jours aus­si prompte puis­qu’elle a omis de décla­rer dans son patri­moine trois pro­prié­tés (sa mai­son dans l’Aveyron, esti­mée à 800 € le m², et ses deux appar­te­ments à Paris, esti­més entre 3 000 et 4 000 € le m²), pour un total de plus de 330 000 € [source].