Décharge sauvage à Cagnes-sur-Mer

Tout est sor­dide. Une bar­rière rouillée, 3 pots de fleurs et une ardoise avec le chiffre 100. Un cul de sac, ici enfin net­toyé, mais qui habi­tuel­le­ment sert de décharge sau­vage. Décharge sau­vage jus­te­ment, c’est bien de cela dont il est ques­tion…

C’est là que same­di 31 août vers 13 heures, un pas­sant a décou­vert un pied dépas­sant d’un tas d’im­mon­dices. Rapidement l’af­faire se dénoue :
• Samedi, la nuit vers 1h50mn, une jeune femme de 21 ans est tabas­sée à mort. Une habi­tante témoin de la scène pré­vient la police et lui décrit ce qu’elle voit. Il (?) sau­tait sur elle comme sur un tram­po­line : « Mais là c’est fini ! Mais vous êtes où ? Je la vois plus, elle est morte cette petite, elle est morte ! » Les faits se sont dérou­lés en bas de son appar­te­ment.
• Courage-fuyons, un pas­sant pré­fère s’en­fuir devant l’a­gres­seur violent, il témoi­gne­ra aus­si, visage caché, de honte sans doute.
Aussitôt, enfin c’est vite dit, une patrouille (le com­mis­sa­riat est à 100 mètres) est dépê­chée sur les lieux mais ne découvre aucun élé­ment rela­tif à l’a­gres­sion, expli­quait lun­di soir le par­quet de Grasse. Et pour cause.
• La brute féroce a rou­lé sa vic­time dans un tapis, sans prière, et l’a dépo­sée quelques dizaines de mètres plus loin, à la décharge sau­vage, ni vu ni connu.

Cet acte ignoble et mons­trueux est aus­si­tôt clas­sé dans la caté­go­rie « fémi­ni­cide » par les médias conve­nus. Comprendre « vio­lence conju­gale ». Celui-ci sera le 100e fémi­ni­cide de l’an­née, d’où ce « 100 » sur l’ar­doise. #NousToutes et toutes les asso­cia­tions « hash-tag » fémi­nistes s’emparent de l’au­baine. Partout en France des ras­sem­ble­ments s’or­ga­nisent pour dénon­cer la bru­ta­li­té des cons-joints. Ici, quar­tier de la gare de Cagnes, dimanche soir.

Femmes victimes féminicides Cagnes-sur-Mer

Sur chaque feuille blanche, une vic­time de la bru­ta­li­té mas­cu­line

Lequel quar­tier de la gare de Cagnes-sur-Mer est déjà bien connu des rive­rains pour être un lieu du tra­fic de drogue. Les dea­lers, bien à l’a­bri du toit béton­né, ont trans­for­mé le par­king en « Needle Park ».

Revenons sur ce conjoint bru­tal non iden­ti­fié. Lundi, trois jours après le lyn­chage, on ne sait tou­jours rien de l’i­den­ti­té du cogneur, alors qu’il est arrê­té et pla­cé en garde à vue. Des pan­cartes, des asso­cia­tions, des poli­tiques, des articles dans Nice-Matin depuis trois jours et un grand silence média­tique : le nom de la racaille torse nu qui a fra­cas­sé et jeté sa meuf aux ordures à deux heures du matin est soi­gneu­se­ment pré­ser­vé(1). Dans cette nou­velle France « patch­wor­kée » et « mel­ting-potée », il est des com­mu­nau­tés bien gar­dées. Il fau­dra attendre ce mar­di pour que se des­sine le pro­fil.

C’est donc Amin B., de Grasse, 29 ans qui a assassiné Salomé, 21 ans, de Cagnes.

Sans doute quel­qu’un qui n’a­vait pas les codes de chez nous, mais les siens à lui : « Bats ta femme, si tu ne sais pas pour­quoi, elle le sait » selon le pro­verbe bien connu.

Villeurbanne Sultan Niazi hier, Cagnes Amin B. aujourd’­hui : macabre revue inin­ter­rom­pue d’as­sas­si­nats bar­bares par ces fana­tiques dont on ne sait plus quoi inven­ter pour trou­ver d’autres moti­va­tions que celles dic­tées par leurs prin­cipes reli­gieux. Salomé ne vou­lait pas man­ger halal. Crime de hasard, ter­ro­risme, malade men­tal, ici fémi­ni­cide, mais JAMAIS crime cultu­rel ou reli­gieux.

Nos élites poli­tiques, média­tiques, intel­lec­tuelles, syn­di­cales, juri­diques, éco­no­miques, uni­ver­si­taires, toutes par­ti­cipent de ces tue­ries en nous empê­chant d’y voir la plus grande part de véri­té. Le pro­blème ne sera pas réso­lu tant qu’il n’est pas clai­re­ment ana­ly­sé. Le peuple est enfon­cé dans le déni de réa­li­té… jus­qu’au mort de trop.

Michel Lebon

(1) Dans d’autres situa­tions, Nice Matin est bien prompt à balan­cer des noms (lire Nice Matin balance du 31 juillet 2019).