Municipales à Mougins : un combat fratricide est engagé

Richard Galy - maire MouginsLe doc­teur Richard Galy, maire de la ville de Mougins, règne sans par­tage sur la com­mune depuis mars 2001. Il avait été pré­cé­dem­ment conseiller muni­ci­pal adjoint à l’Éducation dans l’équipe du doc­teur Roger Duhalde à qui il a suc­cé­dé à la tête de la com­mune. Le maire sor­tant en avait fait son pou­lain, soli­da­ri­té cor­po­ra­tiste oblige.

Si le doc­teur Duhalde était plu­tôt d’une nature froide et dis­tante, le doc­teur Galy s’est tou­jours mon­tré sou­riant, aimable, proche, cha­leu­reux et à l’écoute de ses admi­nis­trés. Intelligent et doté d’une mémoire phé­no­mé­nale, il connaît le visage et le nom d’une grande par­tie de ses ouailles. Il tutoie et se laisse volon­tiers tutoyer. Bref, un maire cham­pion de la com­mu­ni­ca­tion et de la proxi­mi­té. Si on ajoute à cela une ges­tion rigou­reuse des deniers publics par son équipe, on com­prend sans peine la popu­la­ri­té qui est la sienne et son désir de bri­guer un qua­trième man­dat.

Mais Richard Galy, comme tout un cha­cun, a aus­si ses défauts. Il semble, entre autre, atteint d’une forme dee méga­lo­ma­nie.

À l’ins­tar de nom­breux élus, notam­ment dans notre Région :

s’il affiche une position d’écologiste convaincu, il n’en affectionne pas moins le béton.

En 2005, il défraie­ra la chro­nique en appor­tant son sou­tien à l’implantation d’un com­plexe IKEA dans le quar­tier Saint-Martin fai­sant fi des nui­sances occa­sion­nées pour la com­mune limi­trophe de Mouans-Sartoux comme des pro­blèmes de cir­cu­la­tion dans un sec­teur déjà com­plè­te­ment engor­gé. Ce pro­jet échoue­ra mais le béton cou­le­ra quand-même dans divers pro­jets immo­bi­liers. Actuellement, c’est le pro­jet Diagana qui fait polé­mique : un cam­pus spor­tif pri­vé haut de gamme pour gens for­tu­nés qui com­pren­dra un hôtel et des immeubles d’habitations implan­tés dans une zone natu­relle conver­tie pour cela en zone urba­ni­sée. Au grand dam de l’écologie.

Parallèlement, M. Galy nour­rit de grandes ambi­tions pour lui-même. Son fau­teuil de maire lui a déjà ser­vi de trem­plin pour accé­der aux postes de pre­mier vice-Président de la com­mu­nau­té d’agglomération des Pays de Lérins et de conseiller régio­nal. Il se mur­mure qu’il vise­rait encore plus haut avec la pré­si­dence du Conseil dépar­te­men­tal, par exemple. L’avenir le dira.

Pour l’heure, ce sont les pro­chaines élec­tions muni­ci­pales qui l’occupent. Car cette fois, il trouve en face de lui une adver­saire de taille en la per­sonne de Françoise Duhalde-Guignard, fille de l’ancien maire de Mougins, Roger Duhalde, et conseillère muni­ci­pale démis­sion­naire en novembre 2018. Françoise Duhalde-Guignard - Mougins

L’ancienne adjointe aux finances de la muni­ci­pa­li­té Galy est car­ré­ment par­tie en guerre contre la poli­tique de son ancien chef de file en dis­til­lant, ça et là, de petites phrases assas­sines. Elle lui reproche essen­tiel­le­ment d’avoir ache­té des ter­rains aux Mouginois pour les revendre à des pro­mo­teurs dans le cadre de son pro­jet « Cœur de ville » (réamé­na­ge­ment du quar­tier Tournamy). Une opé­ra­tion qui, selon elle, a rap­por­té beau­coup d’argent que le Maire sor­tant uti­lise pour sa cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion : « Cet argent qui ruis­selle, cette baisse oppor­tune des impôts, c’est le prix du béton. C’est la perte défi­ni­tive de l’identité mou­gi­noise. Nous le paie­rons plus tard. » s’indigne-t-elle.

Richard Galy s’en défend, bien sûr : « Je ne par­tage pas cette vision. […] Les espaces ont été sanc­tua­ri­sés par la modi­fi­ca­tion du PLU. » À pro­pos du béton­nage, il argu­mente ain­si : « La loi nous oblige et on ne peut plus tenir la charge des péna­li­tés […] On a fait le choix de limi­ter la construc­tion de loge­ments aux grands axes, RN et Campelières. […] Il faut faire entrer Mougins dans la moder­ni­té. »

Ah, la MODERNITÉ ! La tarte à la crème de nos grands « PROGRESSISTES »

Quoi qu’il en soit, le com­bat fra­tri­cide ne fait que com­men­cer. Il s’annonce pas­sion­nant et Nice Provence Info sera là pour comp­ter les coups.

Charles André

« L’important n’est pas de convaincre mais de don­ner à réflé­chir. »