La chloroquine et le coronavirus

La polé­mique sur l’u­ti­li­sa­tion de la Chloroquine prend de l’am­pleur dans le pays. On constate en effet qu’il existe une par­ti­tion entre ceux qui ont pu jus­qu’à pré­sent béné­fi­cier du trai­te­ment et les autres… qui attendent et qui aime­raient bien en pro­fi­ter éga­le­ment. Mais le gou­ver­ne­ment semble traî­ner des pieds.

Prenons par exemple le couple Estrosi, diagnostiqué positif par le virus

Ils ont pu ten­ter l’ex­pé­rience : « Nous avons déci­dé de faire confiance aux études menées par le pro­fes­seur Didier Raoult sur le Covid. Nous nous sommes fait pres­crire, comme d’autres patients, le pro­to­cole à base de Plaquenil et de Zithromax ».

Résultat d’a­près Laura Tenoudji (Mme Estrosi), l’ef­fet aurait été immé­diat. En 48 heures elle était sur pieds sans res­sen­tir d’ef­fets secon­daires.

Quelques mots sur cette chloroquine pour mieux comprendre :

C’est au XVIIe siècle au Pérou que les colons euro­péens ont obser­vé que les indi­gènes extra­yaient un médi­ca­ment de l’é­corce d’un arbre dénom­mé cin­cho­na (chin­cho­na offi­ci­na­lis), autre­ment dit le quin­qui­na.
Il s’a­gis­sait de la qui­nine, un alca­loïde natu­rel anti­py­ré­tique, anal­gé­sique et sur­tout, anti­pa­lu­dique. Les indiens savaient uti­li­ser celui-ci contre la fièvre.
C’est en 1633 que cette plante sera uti­li­sée pour la pre­mière fois en Europe. On com­mence alors à en tirer des déri­vés : qui­na­crine, et pri­ma­quine. Il fau­dra attendre 1820 pour la décou­verte de la qui­nine, prin­ci­pal médi­ca­ment anti­pa­lu­dique.
Ce sont les Allemands qui crée­ront par la suite d’autres trai­te­ments contre le palu­disme qui se sub­sti­tue­ront à la qui­nine. Parmi eux la son­to­chine dont le bre­vet est dépo­sé en 1939. Elle sera renom­mée chlo­ro­quine en 1946, puis mise sur le mar­ché en France sous le nom de Nivaquine.

Ce n’est donc pas un pro­duit « nou­veau », on ver­ra que cela a son impor­tance !

Professeur Didier Raoult

Le pro­fes­seur Didier Raoult, infec­tio­logue et direc­teur de l’Institut hos­pi­ta­lo-uni­ver­si­taire de Marseille

2020 : en pleine crise mon­diale du coro­na­vi­rus, le pro­fes­seur Didier Raoult, qui dirige l’IHU de Marseille, montre que le clas­sique médi­ca­ment de la chlo­ro­quine soigne 90% des cas de coro­na­vi­rus s’ils sont dépis­tés assez tôt. Il pré­co­nise de ne pas confi­ner tout le monde, mais de tes­ter le maxi­mum de Français et d’i­so­ler ceux qui le néces­sitent.

Le jour­nal Le Monde et l’Agence d’État de la Santé qua­li­fient les avan­cées thé­ra­peu­tiques du pro­fes­seur Raoult sur le trai­te­ment du coro­na­vi­rus de fake news.

On apprend alors que le mari d’Agnès Buzyn, mon­sieur Yves Lévy(1), s’est fâché avec Didier Raoult, en refu­sant les labels de l’Inserm au centre de recherche mon­dia­le­ment répu­té (IHU) que celui-ci diri­geait. En octobre 2019, mon­sieur Lévy, pré­sident de l’Inserm et mari de la ministre, avait révo­qué le sta­tut de « fon­da­tion » des IHU, pour reprendre le contrôle sur leur recherche. Le pro­fes­seur Raoult était direc­te­ment visé par cette direc­tive.
Par ailleurs le même mon­sieur Lévy avait par­ti­ci­pé à l’inau­gu­ra­tion du labo­ra­toire P4 à Wuhan. Or c’est de Wuhan qu’est par­ti le virus. Quel est le lien entre tout cela ?Centre high-tech virologie de Wuhan vendu par la France
Le 13 jan­vier 2020, alors que l’épidémie se répand en Chine, Agnès Buzyn classe la chlo­ro­quine (le fameux remède) dans les sub­stances véné­neuses (dis­po­nible seule­ment sur ordon­nance), alors que, on vient de le voir, cette sub­stance est uti­li­sée depuis plu­sieurs siècles.

En 1925 le doc­teur Louis Destouches publiait le trai­té « La qui­nine en thé­ra­peu­tique ». Mais le doc­teur Louis Destouches est plus connu sous le pseu­do­nyme Louis-Ferdinand Céline. Est-ce cela qui fait reje­ter cette thé­ra­pie par les époux Lévy-Buzyn ? Par pure idéo­lo­gie ? Louis Destouches - Louis-Ferdinand Céline - Quinine thérapeutiqueContrairement aux pré­co­ni­sa­tions du Pr Raoult, Emmanuel Macron confine la popu­la­tion, refuse le dépis­tage de masse, refuse le bou­clage des fron­tières. Il revien­dra ensuite sur cer­taines de ses déci­sions sca­breuses.

Entretemps Agnès Buzyn est débar­quée du gou­ver­ne­ment pour aller au casse-pipe face à Anne Hidalgo lors des muni­ci­pales à Paris. C’est un échec cui­sant. Prise de remords ou par ran­cœur, elle vien­dra s’é­pan­cher publi­que­ment, expli­quant que le gou­ver­ne­ment était au cou­rant de l’hé­ca­tombe à venir depuis long­temps déjà, qu’il y avait des solu­tions, mais qu’il n’a pas agi en consé­quence.

Depuis, les langues se délient peu à peu… On apprend en quelques jours que :
• Le stock de chlo­ro­quine de la phar­ma­cie cen­trale fran­çaise a été pillé [source LCI].
• Que Donald Trump met la chlo­ro­quine à la dis­po­si­tion de tous les Américains.
• Que le Maroc a ache­té les stocks de chlo­ro­quine de Sanofi à Casablanca.
• Que le Pakistan va accroître sa pro­duc­tion de chlo­ro­quine à des­ti­na­tion de la Chine.
• Que la socié­té Teva en Israël va livrer gra­tui­te­ment plus de 10 mil­lions de doses de chlo­ro­quine aux USA.

Revenons à notre maire de Nice. Fort de sa gué­ri­son grâce à la chlo­ro­quine et sans réponse du gou­ver­ne­ment, Christian Estrosi a appe­lé direc­te­ment Sanofi pour que cette entre­prise livre de la chlo­ro­quine aux hôpi­taux de Nice.

Puis, sous la pres­sion du Professeur Raoult, un test à grande échelle de la chlo­ro­quine a com­men­cé fina­le­ment en France, sous la direc­tion de l’Inserm (!), qui veut « refaire les expé­ri­men­ta­tions dans d’autres centres médi­caux indé­pen­dants » : ce qui pren­dra 6 semaines de plus… alors que plu­sieurs méde­cins disent aujourd’­hui se pas­ser de l’au­to­ri­sa­tion gou­ver­ne­men­tale et com­men­cer à uti­li­ser le médi­ca­ment à une plus grande échelle…

Pour être com­plet, il faut savoir que :

• Ce médi­ca­ment est fabri­qué en France et qu’il n’y a aucun pro­blème de fabri­ca­tion (à l’in­verse des masques)
• Trois-cent-mille doses ont été don­nées par Sanofi aux hôpi­taux afin de pour­suivre les retours d’ex­pé­ri­men­ta­tion.
• Son prix est… déri­soire : envi­ron quatre euros la boite.
• Seul votre méde­cin est habi­li­té à suivre ou pas ce trai­te­ment, qui peut pro­vo­quer des com­pli­ca­tions, en fonc­tion de votre état de san­té et de votre pas­sé médi­cal : sur­tout pas d’au­to­mé­di­ca­tion.
• Si ce médi­ca­ment est choi­si par votre méde­cin, il sera asso­cié au Zitromax, un anti­bio­tique en totale dis­po­ni­bi­li­té éga­le­ment (8 euros la boite pour adulte, 12 à 14 euros la poudre pour enfants).
• Le pro­fes­seur Didier Raoult est doré­na­vant en contact avec le minis­tère de la Santé pour échan­ger au plus vite les retours d’ex­pé­riences. Ce pro­fes­seur mar­seillais a trai­té 25 patients avec 75% de suc­cès en une semaine [source : Jean-Claude Bourret].

Patrice LEMAÎTRE

(1) Yves Lévy, après avoir été direc­teur de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) dans des condi­tions opaques, a dû quit­ter cette fonc­tion pour cause de conflit d’in­té­rêt.
Mais mon­sieur Lévy a le bras long : il a trou­vé un job de Conseiller d’État en ser­vice extra­or­di­naire sur pro­po­si­tion de… Nicole Belloubet, la ministre de la Justice qui oublie de men­tion­ner ses appar­te­ments dans sa décla­ra­tion de patri­moine.

Dernière minute !

Communiqué de l’ #IHU #MéditerranéeInfection, diri­gée par le Professeur #DidierRaoult.

Dans le contexte actuel de la pro­pa­ga­tion de l’épidémie à coro­na­vi­rus Covid-19 sur le ter­ri­toire fran­çais et dans le monde. Conformément au ser­ment d’Hippocrate que nous avons prê­té, nous obéis­sons à notre devoir de méde­cin. Nous fai­sons béné­fi­cier à nos patients de la meilleure prise en charge pour le diag­nos­tic et le trai­te­ment d’une mala­die.

Nous res­pec­tons les règles de l’art et les don­nées les plus récem­ment acquises de la science médi­cale.

Nous avons déci­dé :

• Pour les tous les malades fébriles qui viennent nous consul­ter, de pra­ti­quer les tests pour le diag­nos­tic d’infection à Covid 19 ;

• Pour tous les patients infec­tés, dont un grand nombre peu symp­to­ma­tiques ont des lésions pul­mo­naires au scan­ner, de pro­po­ser au plus tôt de la mala­die, dès le diag­nos­tic :– un trai­te­ment par l’association hydroxy­chlo­ro­quine (200 mg x 3 par jour pour 10 jours) + Azithromycine (500 mg le 1er jour puis 250 mg par jour pour 5 jours de plus), dans le cadre des pré­cau­tions d’usage de cette asso­cia­tion (avec notam­ment un élec­tro­car­dio­gramme à J0 et J2), et hors AMM. Dans les cas de pneu­mo­nie sévère, un anti­bio­tique à large spectre est éga­le­ment asso­cié.

Nous pen­sons qu’il n’est pas moral que cette asso­cia­tion ne soit pas inclue sys­té­ma­ti­que­ment dans les essais thé­ra­peu­tiques concer­nant le trai­te­ment de l’infection à Covid-19 en France.

En résu­mé, nous pre­nons les affaires en main

Pr Philippe Brouqui, Pr Jean-Christophe Lagier, Pr Matthieu Million, Pr Philippe Parola, Pr Didier Raoult, Dr Marie Hocquart .

Lire éga­le­ment : Conflit d’intérêts autour du coro­na­vi­rus : Buzyn /​Lévy vs Didier Raoult