L’écologie, quoi qu’il en coûte

9 février 2021 | 3 Commentaires 

Le Canard enchaî­né, sous la plume de Jean-Luc Porquet, publie un article au vitriol sur l’absurdité des direc­tions éco­lo­giques dans les­quelles s’est enga­gée la France. En ligne de mire, la voi­ture élec­trique cen­sée être la solu­tion d’avenir pour sau­ver la pla­nète pré­ten­du­ment en danger.

On ne cesse de nous rabâ­cher que la voi­ture élec­trique, c’est la solu­tion d’avenir et sur­tout la seule voie pour sau­ver la pla­nète. La sau­ver de quoi,? on ne sait pas trop mais il faut la sau­ver, nous serine-t-on. À cette fin, la France s’est engouf­frée tête bais­sée dans le tout élec­trique mais sans aucun sans dis­cer­ne­ment. Partant, nos gou­ver­nants ont enjoint les construc­teurs auto­mo­biles de tout miser sur l’électrique.

Soit ! Mais qu’est-ce que cela signifie ?

D’abord, l’installation de mul­tiples bornes de recharge le long de nos routes car les véhi­cules les plus per­for­mant, à l’heure actuelle, ne peuvent pré­tendre à une auto­no­mie supé­rieure à 500 km. Et encore sans faire usage des phares, du chauf­fage, des essuie-glaces, du dégi­vrage ou de la cli­ma­ti­sa­tion… Ensuite, cela implique la concep­tion de bat­te­ries capables de sto­cker cette éner­gie. Et là, il faut s’attarder un instant.

À l’heure actuelle, les batteries équipant les véhicules sont très lourdes, très coûteuses et bourrées de métaux rares.

Dans celle de la Tesla Model S, par exemple, la plus per­for­mante du mar­ché, on trouve pas moins de 16 kg de nickel. Or, le nickel est plu­tôt rare sur notre Terre. Ce qui fait dire au patron de Tesla France que « le gou­let d’étranglement de la tran­si­tion éner­gé­tique se fera sur le nickel » (Les Échos du 6/​10/​2019).

Mine nickel Goro - Nouvelle Calédonie

Extraction du nickel à Goro en Nouvelle Calédonie

Il sait par­fai­te­ment que le nickel est très dif­fi­cile à trou­ver. Il faut aller le cher­cher en Indonésie ou en Nouvelle Calédonie et son extrac­tion est une vraie galère car on ne le trouve jamais à l’état pur. Dans les mine­rais, il n’existe qu’en très faible pro­por­tion. Par consé­quent, il faut creu­ser et creu­ser encore, broyer, cri­bler, hydro­cy­clo­ner pour un résul­tat tout juste à la hau­teur des besoins. Or tout cela entraine de colos­sales mon­tagnes de rési­dus que l’on déverse la plu­part du temps dans la mer ! Mais qu’importe la bio­di­ver­si­té pour les Khmers verts qui ne jurent que par la « mobi­li­té verte », laquelle n’a pas de prix pour eux.

Mine lithium - Bolivie

Extraction du lithium en Bolivie

S’il n’y avait que le nickel en jeu mais il y a aus­si le lithium. Il en faut 15 kg par bat­te­rie (tou­jours pour la Tesla Model S). Celui-ci pro­vient des hauts pla­teaux des Andes. Pour l’extraire, on pompe sous les salars (lacs salés assé­chés) ce qui entraîne une migra­tion de l’eau douce vers les pro­fon­deurs. Une « catas­trophe éco­lo­gique » selon les autoch­tones qui souffrent déjà du manque d’eau.

Et puis, il y a le cobalt – 10 kg par bat­te­rie – qu’on va cher­cher au Congo. Et là, on touche au tra­vail des enfants qui creusent à mains nues dans des mines arti­sa­nales pour seule­ment 2 dol­lars par jour (Les Échos du 23/​09/​2020). Ça gêne un peu aux entour­nures nos construc­teurs qui, néan­moins, veulent à tout prix rat­tra­per la Chine déjà cham­pionne du monde dans ce sec­teur. Alors, le tra­vail des enfants, ça reste un détail.

Mine cobalt - Congo

Mine de cobalt au Congo

Pour cou­ron­ner le tout, les bat­te­ries étant ter­ri­ble­ment lourdes (1÷4 du poids de la Tesla Model S), il faut allé­ger au maxi­mum le véhi­cule. On fait donc des car­ros­se­ries en alu­mi­nium dont l’extraction génère ces ter­ribles boues rouges – déchets inso­lubles issus du trai­te­ment de l’alumine avec de la soude et qui sont com­po­sées de plu­sieurs métaux lourds tels que l’arsenic, le fer, le mer­cure, la silice et le titane –, que l’on déverse aus­si dans la mer au mépris des ques­tions d’environnement, comme à Gardane, dans les Bouches-du-Rhône.

Voilà ce qu’est le déve­lop­pe­ment « durable » selon nos écologistes.

Un dogme qui ne laisse aucune place à la raison.

Charles André

3 Commentaires 

  1. NON je n’au­rai pas de véhi­cule élec­trique ! Mon âge devrait me per­mettre de pas­ser outre le for­cing du gou­ver­ne­ment. Cela étant que va t ‑il arri­ver aux plus jeunes, s’ils reven­diquent ces textes ? encore des contes­ta­taires …
    Nous sommes dans un piège, on cherche à nous OBLIGER dans nos déci­sions. Et nous le refu­sons. Tant que nous aurons la force, et les moyens de vivre sans les MOYENS que l’on tente de nous faire admettre.

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  2. Pol Pot avait réus­si l’ex­ploit comme empe­reur de l’é­co­lo­gie de sup­pri­mer toutes les formes de tech­niques uti­li­sant de l’éner­gie. Seule l’éner­gie humaine devait être uti­li­sée, sinon la mort. Relisez l’his­toire des khmers rouges au Cambodge et vous aurez com­pris ce qui vous attend avec les éco­lo­gistes au pouvoir.

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  3. Vous avez entiè­re­ment rai­son de mettre en exergue les lourds incon­vé­nients de la voi­ture tout élec­trique. Par contre vous vous plan­tez quand – sans doute sous le coup de l’a­ga­ce­ment – vous écri­vez « pla­nète pré­ten­du­ment en dan­ger. »
    Et vous vous contre­di­sez en don­nant la parole, à très juste titre, au pêcheur vic­time des boues rouges de l’u­sine d’a­lu­mine de Gardanne, exemple très par­lant des dan­gers qui s’ac­cu­mulent sur l’environnement.
    Suggestion : réper­cu­tez les avis des pro­fes­sion­nels de la cli­ma­to­lo­gie et de la météo qui se fondent sur la mul­ti­pli­ca­tion des catas­trophes sur la pla­nète et sur la mon­tée en tem­pé­ra­ture de la Méditerranée pour aler­ter sur la haute pro­ba­bi­li­té de la réité­ra­tion dans le 06 de la catas­trophe de l’au­tomne dernier.

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