Les apprentis-dictateurs

Pierre-Émile Blairon est l’un de nos édi­to­ria­listes aver­tis. Il par­tage ses acti­vi­tés lit­té­raires entre deux pas­sions :
les spi­ri­tua­li­tés tra­di­tion­nelles : il anime la revue Hyperborée qui se consacre à l’histoire spi­ri­tuelle de l’Europe et à son deve­nir qu’il pré­sente dans La Roue et le sablier,
la Provence : il anime éga­le­ment la revue Grande Provence, et a consa­cré plu­sieurs ouvrages à la Provence secrète : La Dame en signe blanc, Le Guide Secret d’Aix-en-Provence, Le Guide Secret de la Côte d’Azur et deux bio­gra­phies sur deux grands Provençaux : Jean Giono et Nostradamus.
Aujourd’hui Pierre-Émile Blairon nous alerte sur la dérive tota­li­taire orches­trée sur la peur de la mort savam­ment atti­sée par le Pouvoir :

Pour votre sécurité

« Pour votre sécu­ri­té, contrôles radars fré­quents ».Pour votre sécurité, contrôles radars fréquents

Ce pan­neau qui jalonne les routes fran­çaises en a fait sou­rire ou rager plus d’un. Les pre­miers radars auto­ma­tiques sont appa­rus en 2003. « Pour votre sécu­ri­té », rem­plis­sez les caisses de l’État !
Mais aus­si, étouf­fez-vous : le port du casque pour les motards et la cein­ture (de sécu­ri­té pour votre sécu­ri­té) pour les auto­mo­bi­listes avaient pré­cé­dé cette tou­chante atten­tion des auto­ri­tés qui vou­laient pro­té­ger nos vies sans notre accord express ; car, après tout, nous sommes res­pon­sables de notre des­tin et il n’appartient qu’à nous d’en faire ce que nous vou­lons, à une seule condi­tion : que nous res­pec­tions les règles de la socié­té qui inter­disent d’attenter à la liber­té des autres (et encore plus à leur vie ou à leur inté­gri­té phy­sique). Que la vitesse exces­sive non maî­tri­sée de votre véhi­cule soit pros­crite hors cir­cuit, voi­là qui est bien com­pré­hen­sible ; mais le port du casque ou de la cein­ture concerne exclu­si­ve­ment notre propre per­sonne sans qu’il soit mis en dan­ger la vie d’autrui.

La fureur de vivre

Les jeunes petits-bour­geois incultes qui se moquent des boo­mers (les vieux qui sont nés après la seconde guerre mon­diale) en pen­sant qu’ils ne s’intéressaient, comme eux, qu’à l’économie et à la sur­con­som­ma­tion, ignorent tout de la jeu­nesse de la plu­part de ces « boo­mers » qui vivaient ailleurs qu’à Paris et d’une manière autre­ment moins confor­miste qu’eux au même âge.
À l’époque de la « Fureur de vivre » et de la « Dolce vita », les jeunes rebelles avaient envie de mou­rir ailleurs que dedans un bon lit, comme dit la chan­son, en brû­lant la vie par les deux bouts et en la quit­tant, par exemple, le crâne fra­cas­sé contre un pla­tane (qui en avait vu de toutes les cou­leurs).
D’autres, ou les mêmes, sur un registre plus roman­tique, se délec­taient de voir pas­ser les jolies filles des années 60, robes légères et che­veux au vent sur leurs moby­lettes, leurs scoo­ters ou leurs Solex.

C’était l’époque des Blousons noirs, des bandes, de la cas­tagne, le début des années 60, l’époque juste avant celle où Brigitte Bardot chan­tait sur son Harley-Davidson : « Que m’importe de mou­rir les che­veux dans le vent », une époque où « on se trai­tait de con, à peine qu’on se trai­tait », chan­tait Claude Nougaro, un temps qui n’avait pas encore vu la pseu­do-révo­lu­tion des mao-spon­texs, les enfants des grands bour­geois pari­siens, qui allaient s’amuser à faire Mai 68 en pre­nant pour modèles de ver­tu les san­gui­naires Khmers rouges (avant de suc­cé­der aux affaires de leurs papas et de prendre le pou­voir poli­tique), un temps qui n’avait pas encore vu les ras­sem­ble­ments Peace and love à la sexua­li­té débri­dée et le mignon Flower power.
Aucun des membres de ces troupes bien dis­pa­rates, gen­tils comme méchants, n’aurait ima­gi­né por­ter un casque pour faire de la moto ou atta­cher une cein­ture en mon­tant dans une voi­ture.
On peut, en effet, ne pas aimer avoir le crâne com­pres­sé dans un casque (quand il n’est pas ques­tion de faire la guerre), dans une « pri­son pour la tête ». On peut ne pas aimer être ligo­té dans une cein­ture comme un alié­né (alié­né : être étran­ger à soi-même). J’entends déjà cer­tains dire : « Vous savez ce que ça coûte un acci­dent, pour l’hôpital ? » Mais pour­quoi est-ce tou­jours au citoyen d’être res­pon­sable de ce qu’il paye déjà, de n’être res­pon­sable que lorsqu’il s’agit de payer ? Combien coûtent tous ces para­sites payés à ne rien faire ou à mal faire ? [voir à ce sujet l’organigramme des employés de l’Agence régio­nale de san­té pour notre Région Provence-Alpes-Côte d’azur(1)] et com­bien coûtent encore toutes les erreurs du gou­ver­ne­ment actuel (ah oui, l’hôpital, par­lons-en…) ?
On a ensuite com­men­cé à entendre ce slo­gan « sau­ver des vies » lorsqu’il s’est agi d’épargner celles cau­sées par les acci­dents de la route puis celle des fumeurs. La for­mule était encore une fois mal venue car, après tout, on ne sauve jamais aucune vie qui fini­ra bien par trou­ver son terme d’une manière ou d’une autre, tôt ou tard.Prévention routière - morets -Mazamet

Le 17 mai 1973, La Prévention rou­tière avait dif­fu­sé une cam­pagne de publi­ci­té (ci-des­sus) pour mar­quer les esprits afin de dénon­cer le nombre de vic­times annuel par acci­dent de la route : 16 545, approxi­ma­ti­ve­ment la popu­la­tion de Mazamet qu’on fait allon­ger dans les rues de la ville. À noter que Chantal Perrichon, la pré­si­dente de la Ligue contre la vio­lence rou­tière, n’avait pas encore com­men­cé à sévir.

Le principe de prévention

Il y avait, tout près de chez moi, une route qui menait direc­te­ment à la ville ; elle était bor­dée, à son départ, par une falaise rocheuse ; long­temps, il y eut un pan­neau tri­an­gu­laire très simple repré­sen­tant une chute de pierres. Symbole com­pré­hen­sible pour tout le monde, même ceux ne par­lant pas fran­çais.
Le pan­neau vou­lait dire : atten­tion, des pierres sont déjà tom­bées à cet endroit, méfiez-vous, le risque sub­siste ; ce qui vou­lait aus­si signi­fier : vous vous enga­gez dans cette voie à vos risques et périls, sous votre res­pon­sa­bi­li­té ; ce pan­neau était sim­ple­ment là pour vous faire com­prendre que vous étiez libre de prendre une déci­sion qui était votre choix, qu’il n’était pas ques­tion de vous infan­ti­li­ser. Le pan­neau fai­sait par­tie d’un sys­tème de signa­li­sa­tion qui, à l’époque, n’avait pas de nom, parce que le bon sens n’a pas besoin d’être nom­mé, un concept qu’on aurait pu appe­ler alors le prin­cipe de pré­ven­tion, du verbe « pré­ve­nir ».

Le principe de précaution

Et puis, il y a une dizaine d’années, des pierres sont à nou­veau tom­bées de cette falaise sur la route. Le pan­neau à usage pré­ven­tif avait dis­pa­ru. Que faire ? Il fal­lait entre­prendre des tra­vaux, pla­cer un filet métal­lique pour recou­vrir cette par­tie de la falaise sur une dizaine de mètres. Mais, der­rière chaque inci­dent de ce type, par­tout en France, il y a une énorme bureau­cra­tie à la fran­çaise, des mil­liers d’employés qui vont s’intéresser ou pas au pro­blème (le plus sou­vent pas), des cen­taines de pro­po­si­tions contra­dic­toires qui vont faire que rien ne sera fait avant long­temps ; c’est ce qui est arri­vé. La route a été fer­mée pen­dant des mois parce que les dif­fé­rentes couches déci­sion­naires (l’État, la Région, le dépar­te­ment, la com­mu­nau­té de com­munes, la Métropole, la ville, puis la DDE, le pré­fet et les diverses ins­tances bureau­cra­tiques… ce qu’on a appe­lé le « mil­le­feuille admi­nis­tra­tif ») n’ont jamais vou­lu prendre la déci­sion d’ouvrir la route avant que ne soient effec­tués les tra­vaux – ça peut se com­prendre – mais ont mis des mois avant d’autoriser leur réa­li­sa­tion, cha­cun des « déci­sion­naires » tenant trop à son confort pour ris­quer quelque ini­tia­tive que ce soit. Et ce sont les citoyens qui pâtissent in fine de cette effa­rante impé­ri­tie.
Le prin­cipe de pré­cau­tion pro­vient du droit de l’en­vi­ron­ne­ment et du droit de la san­té, ayant été déve­lop­pé à la suite d’af­faires telles que celle du sang conta­mi­né où les ins­tances diri­geantes du milieu hos­pi­ta­lier se ren­voyant la patate chaude pour ne pas prendre de déci­sion ont fini par être « res­pon­sables » (mais « pas cou­pables ») de la mort de cen­taines de per­sonnes par­mi les popu­la­tions hémo­philes trans­fu­sées. Le scan­dale débou­che­ra en 1993 sur la créa­tion de la Cour de jus­tice de la République, com­pé­tente pour juger les crimes ou délits com­mis par les membres du gou­ver­ne­ment dans l’exercice de leurs fonc­tions, juri­dic­tion d’exception dont le pré­sident Macron a sou­hai­té la dis­pa­ri­tion.
Le prin­cipe de pré­cau­tion repré­sente l’un des arché­types du poli­ti­que­ment cor­rect d’une socié­té bien poli­cée, bien sou­mise et bien timo­rée, un prin­cipe contre lequel per­sonne n’ose s’élever.
Il consiste à pri­ver de liber­té l’ensemble de la popu­la­tion pour sau­ver d’une part des irres­pon­sables – les indi­vi­dus inca­pables de se gérer – et les déci­deurs, d’autre part, qui pré­fèrent péna­li­ser l’ensemble de la popu­la­tion au pro­fit de leur confort per­son­nel ; qu’il est loin le temps où les fonc­tion­naires étaient au ser­vice de la nation et des citoyens !
Les par­ti­sans de l’Ordre mon­dial, comme le sont tous nos gou­ver­nants de l’ouest euro­péen, rêvent d’une sup­pres­sion des fron­tières au niveau natio­nal, mais assignent, « en même temps », à chaque citoyen une limite ter­ri­to­riale qui ne peut excé­der celle de son propre corps (lequel citoyen l’accepte géné­ra­le­ment très bien puisqu’il a été muti­lé de son esprit cri­tique très insi­dieu­se­ment par les médias et prin­ci­pa­le­ment par la télé­vi­sion). Nous avons vu quel a été le pro­ces­sus de cet enfer­me­ment gra­dué et indo­lore qui a affec­té per­fi­de­ment la popu­la­tion depuis la fin des années 60.
Avant de pour­suivre, je ferai remar­quer que ces prin­cipes de sécu­ri­té et de pré­cau­tion tota­le­ment arti­fi­ciels et super­flus mais dont le gou­ver­ne­ment semble tenir grand compte ne font nul­le­ment réfé­rence à la véri­table insé­cu­ri­té, celle dont l’État doit se pré­oc­cu­per en tout pre­mier lieu – il s’agit d’une fonc­tion réga­lienne – mais qui ne l’intéresse nul­le­ment de com­battre car elle lui per­met d’entretenir un cli­mat de peur et de psy­chose qui affecte le citoyen dans le but de res­ter au pou­voir ; je veux par­ler de l’insécurité cau­sée par les délin­quants sur les per­sonnes et les biens : inci­vi­li­tés, vols, viols, meurtres, de nos jours per­pé­trés au quo­ti­dien.
[Les citoyens] « ont peur, donc s’isolent les uns des autres, cessent de sor­tir, mettent une sour­dine à leurs reven­di­ca­tions. Les rues se vident, l’espace public se délite, cha­cun se replie sur sa sphère pri­vée, meublent ses soi­rées en regar­dant la télé­vi­sion : quoi de plus favo­rable à l’exercice de l’autorité ? En lais­sant les délin­quants agir à sa place, le pou­voir fait d’une pierre deux coups. L’ordre se défait, tout est d’ailleurs mis en œuvre pour qu’il se défasse, mais le désar­roi même qui en résulte débouche para­doxa­le­ment dans une relé­gi­ti­ma­tion du pou­voir (car le pou­voir appa­raît comme l’ultime rem­part contre le désordre triom­phant). Les forces de l’ordre ont pour consigne de lais­ser faire, c’est-à-dire de ne rien faire qui puisse empê­cher l’ordre de se défaire (poli­tique de pas­si­vi­té). »
Voilà ce qu’écrivait Éric Werner en 1982(2). Nous nous retrou­vons dans cette exacte situa­tion en ce prin­temps 2020 après les mesures édic­tées dans le monde entier à l’occasion d’une pan­dé­mie média­ti­que­ment bien orches­trée. Nous voyons que les objec­tifs et les méthodes du Système n’ont guère chan­gé. La peur de cette « pan­dé­mie » a suc­cé­dé, avec beau­coup plus de suc­cès pour ceux qui l’ont ins­til­lée, à celle du ter­ro­risme ; le « Restez chez vous » a rem­pla­cé plus effi­ca­ce­ment le « Je suis Charlie » qui avait fait l’objet, à l’époque, d’une véri­table hys­té­rie col­lec­tive.Restez chez vous - Covid 19

Covid 19 : le coup de tonnerre qui bouleverse le monde

Soyons clair : un coup de ton­nerre est un phé­no­mène natu­rel ; nous ne sommes pas cer­tains que le Covid19 soit véri­ta­ble­ment une pan­dé­mie d’origine natu­relle.
Le véri­table coup de ton­nerre est celui-ci : pour­quoi le Système mon­dial a‑t-il déci­dé de pas­ser bru­ta­le­ment à l’action en apeu­rant la pla­nète entière ? Nous nous atten­dions à une mise en place plus lente dans sa guerre contre les peuples tra­di­tion­nels. En fait, je crois qu’il a mis en appli­ca­tion le dic­ton : « L’occasion fait le lar­ron ». Il est pos­sible qu’un employé du fameux labo­ra­toire P4 de Wuhan ait mal­en­con­treu­se­ment ou inten­tion­nel­le­ment répan­du le virus hors les murs du labo­ra­toire ; et quelques esprits avi­sés dans les sphères du pou­voir mon­dial ont pro­fi­té de cette oppor­tu­ni­té pour mettre en place ce plan de mani­pu­la­tion des masses qui existe vrai­sem­bla­ble­ment depuis de nom­breuses années « dans les car­tons », comme on dit.
C’est ain­si que les deux prin­cipes que nous dénon­çons ont tel­le­ment bien fait leur tra­vail que les pro­mo­teurs de la pan­dé­mie ont pen­sé qu’il serait un jeu d’enfant de pour­suivre le pro­ces­sus ; le monde est mûr pour un puçage glo­bal sous forme de vac­ci­na­tion, par exemple. Le prin­cipe de sécu­ri­té et le prin­cipe de pré­cau­tion (tous deux entrés en vigueur contre la popu­la­tion) vont ser­vir à cana­li­ser et à faire accep­ter les res­tric­tions aux liber­tés déci­dées à l’occasion de cette pan­dé­mie.
Une autre mise au point : la ges­tion de la crise sani­taire par le gou­ver­ne­ment fran­çais (mais qui fut à peu de détails près la même dans d’autres pays euro­péens : l’Italie, la Belgique, l’Espagne notam­ment), cette ges­tion a été qua­li­fiée de catas­tro­phique par l’opposition réac­tion­naire de droite et de gauche ; rien n’est plus faux ; notre gou­ver­ne­ment est arri­vé à ses fins avec un brio qu’il faut saluer (lire à ce pro­pos Détrompez vous : Macron gère TRÈS BIEN la crise du 11 mai 2020).
Souvenez-vous de ce que les com­men­ta­teurs ont consi­dé­ré comme un cafouillage au tout début de la crise : les décla­ra­tions contra­dic­toires entre les dif­fé­rents membres du gou­ver­ne­ment sur l’existence de stocks de masques, de tests, sur les moda­li­tés tout aus­si contra­dic­toires du confi­ne­ment, dont la der­nière perle revient au pré­sident Macron lui-même qui assure, le lun­di 18 mai, que la France n’a « jamais été en rup­ture de stock de masques », perle pré­cé­dée de celle du ministre de l’Éducation natio­nale Blanquer : « Il y a plus de risques à res­ter chez soi que d’aller à l’école », après que tous les membres du gou­ver­ne­ment et autres « experts » en pan­dé­mies nous ont répé­té en boucle le contraire qui tenait en un mot : C‑O-N-F-I-N-E-M-E-N‑T, qui est un autre terme pour dési­gner l’incarcération, celle-ci qua­si­ment volon­taire de la part des incar­cé­rés. On connaît la for­mule d’Aldous Huxley qui peut accom­pa­gner tous les épi­sodes de cette gigan­tesque mani­pu­la­tion : « La dic­ta­ture par­faite serait une dic­ta­ture qui aurait les appa­rences de la démo­cra­tie, une pri­son sans murs dont les pri­son­niers ne son­ge­raient pas à s’é­va­der. Un sys­tème d’es­cla­vage où, grâce à la consom­ma­tion et au diver­tis­se­ment, les esclaves auraient l’a­mour de leur ser­vi­tude… »
En réa­li­té, tout le monde au gou­ver­ne­ment et dans les médias a admi­ra­ble­ment joué le rôle qui lui a été attri­bué pour décon­te­nan­cer le peuple qu’ils méprisent, tous plus acteurs et men­teurs les uns que les autres.
« Quand tout le monde vous ment en per­ma­nence, le résul­tat n’est pas que vous croyez ces men­songes mais que plus per­sonne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut pas se faire une opi­nion. Il est pri­vé non seule­ment de sa capa­ci­té d’a­gir mais aus­si de sa capa­ci­té de pen­ser et de juger. Et, avec un tel peuple, vous pou­vez faire ce que vous vou­lez », disait Hannah Arendt.
Résultat : à l’heure où j’écris, un son­dage vient d’être publié qui confirme que la côte du Premier ministre s’envole à 57%(3) d’opinions favo­rables après toutes les tur­pi­tudes dont ce sinistre per­son­nage s’est ren­du cou­pable ; se réfé­rer plus haut au texte d’Éric Werner pour com­prendre l’attitude de la popu­la­tion qui peut appa­raître comme une aber­ra­tion.

Les matamores de la pandémie

Restez chez vous - Covid 19

Qui paie­ra le loyer ?

On ne sait pas si c’est le prin­cipe de pré­cau­tion qui s’est appli­qué puis­sance 10 lors de cet épi­sode de pan­dé­mie. En tout cas, le condi­tion­ne­ment actuel de la popu­la­tion par le Système mon­dial a été pré­pa­ré avec une telle constance et une telle méti­cu­lo­si­té grâce à ces prin­cipes de « sécu­ri­té » rabâ­chés jusqu’à la nau­sée par les médias pen­dant des années qu’il n’y avait pra­ti­que­ment plus rien à faire pour la conduire exac­te­ment là où il vou­lait qu’elle aille, c’est-à-dire : nulle part. Un laby­rinthe dépour­vu de sor­tie, un piège à rats. D’où le slo­gan : res­tez chez vous.

Je dirais qu’il y avait en par­tie de ça en ce qui concerne les petits déci­deurs, cer­tains petits maires par exemple, tou­jours prompts à imi­ter ce qui se fait en haut lieu, his­toire de pas­ser pour des gens impor­tants, même s’ils ne com­prennent rien aux véri­tables inten­tions de l’oligarchie mon­diale, ou même natio­nale. Nous avions déjà vu ce phé­no­mène en ce qui concerne un autre sujet, tout à fait dif­fé­rent, mais qui pro­cède de la même démarche, lorsque j’avais évo­qué dans un autre article ces ronds-points « agré­men­tés » d’une « œuvre d’art » dont nous gra­ti­fiaient cer­tains édiles locaux(4).
Si ces édiles, pour la plu­part de bonne foi, savaient à quelle mons­truo­si­té ils s’empressent de col­la­bo­rer avec un zèle inouï en croyant « pro­té­ger » leurs conci­toyens, ils en res­te­raient mor­ti­fiés pour le reste de leur vie.
L’un des pre­miers à se dis­tin­guer dans cette sur­en­chère sani­taire liber­ti­cide fut le maire de Sanary qui pro­hi­bait de cir­cu­ler à plus de 10 mètres de son domi­cile et qui inter­di­sait d’aller chez le bou­lan­ger pour ache­ter une seule baguette ; il fut obli­gé de faire marche arrière devant le nombre de pro­tes­ta­tions de la popu­la­tion.
Robert Ménard, pour ne pas être en reste, a fait enle­ver tous les bancs de sa ville, Béziers, pour empê­cher bien sûr la popu­la­tion de s’y asseoir (après avoir encen­sé, d’ailleurs, le pre­mier dis­cours du Président Macron sur la crise sani­taire ; il n’a pas été récom­pen­sé de cette fla­gor­ne­rie, l’État lui a inter­dit de pro­po­ser un test au per­son­nel des écoles et des crèches).
À Biarritz, on n’avait pas le droit de s’asseoir « plus de deux minutes » sur les bancs publics face à la mer ! Qu’importe, quand on a vu ses reflets chan­geants sous la pluie (comme chan­tait Charles Trénet) plus de deux minutes, on a tout vu ; Georges Brassens doit se retour­ner dans sa tombe, lui qui pre­nait la défense des amou­reux qui se béco­taient sur les bancs publics, bra­vant les regards désap­pro­ba­teurs des « pas­sants hon­nêtes ».
Gilles Simeoni, pré­sident du conseil exé­cu­tif de Corse va deman­der que chaque per­sonne sou­hai­tant venir sur l’île (Corses com­pris) « pré­sente à l’aé­ro­port ou au port un test de dépis­tage néga­tif datant de moins de sept jours avant le départ. » On a connu ce mon­sieur moins regar­dant sur les condi­tions d’entrée sani­taire sur l’île lorsqu’il pro­po­sait d’accueillir les clan­des­tins de l’Aquarius.
J’ai gar­dé pour la bonne bouche l’inénarrable Estrosi qui nous a fait la totale à Nice : « À pro­pos des dépla­ce­ments dits brefs, rela­tifs à la pra­tique spor­tive, aux pro­me­nades en famille ou aux sor­ties néces­saires pour les ani­maux domes­tiques, trop nom­breux sont ceux dévoyant ces règles pour contour­ner les mesures du confi­ne­ment. Trop nom­breux sont ceux uti­li­sant ce pré­texte pour se retrou­ver entre amis, aller voir la famille ou tout sim­ple­ment s’offrir un bol d’air…» C’est moi qui sou­ligne. Et on ajou­te­ra à cela quelques mesures qu’il avait pré­vues comme le port du masque obli­ga­toire, le couvre-feu à par­tir de 20 h dans cer­tains quar­tiers, la fer­me­ture des plages, de la Promenade des Anglais, de l’avenue Jean Médecin et des parcs et jar­dins, les fer­me­tures admi­nis­tra­tives des entre­prises ne fai­sant pas res­pec­ter la « dis­tan­cia­tion sociale » (lire Nice : Vichy 2.0 du 15 mai 2020).

Masque : muselière, baillon, ou les deux ?

Le port du masque est aus­si effi­cace que la loi Avia pour atten­ter à la liber­té d’expression et presque aus­si effi­cace que la fameuse marque de la bête, le puçage que Bill Gates nous pro­met en même temps que la vac­ci­na­tion à échelle mon­diale.

Le masque, muse­lière, baillon, ou les deux à la fois, consti­tue le sym­bole par­fait de sou­mis­sion à l’ordre régnant qui per­met à nos gou­ver­nants de savoir glo­ba­le­ment (sauf excep­tion) quels sont ceux des Français qui leur sont pas­si­ve­ment acquis et, mieux encore (car leurs visages sont à décou­vert) ceux qui deviennent de fac­to des dis­si­dents.
On se sou­vient des polé­miques qu’avait sus­ci­tées le port du voile, véri­table signe de sou­mis­sion de la femme musul­mane ; nous avons avec cette nou­velle « mas­quarade » l’équivalent mon­dial du niqab pour tous.
Porteurs du masque ou visages décou­verts : para­doxa­le­ment, on pour­rait dire que, quel que soit le choix, les masques sont (quand même) tom­bés.

Retour aux heures les plus sombres

La pan­dé­mie va pas­ser, les big bro­thers de paco­tille vont se faire oublier, res­te­ront les moda­li­tés du but recher­ché qui a été atteint sans doute au-delà des espé­rances de ses pro­mo­teurs et par­ti­cu­liè­re­ment en France, comme l’a si bien rele­vé Éric Werner, encore lui :
« La France n’a pas été le seul pays d’Europe à ins­tau­rer un confi­ne­ment strict de sa popu­la­tion, mais nulle part ailleurs la répres­sion poli­cière en lien avec la mise en œuvre de cette mesure, en elle-même, il est vrai, déjà très dis­cu­table, n’a com­por­té des traits d’une telle féro­ci­té, par­fois même d’inhumanité. Certaines vidéos en font foi. L’État fran­çais traite aujourd’hui sa propre popu­la­tion comme s’il était en guerre avec elle. Une telle situa­tion est com­plè­te­ment aty­pique et même unique en Europe.
Observons au pas­sage que les Français dans leur ensemble n’en ont pas ou que rare­ment conscience. Il fau­drait que quelqu’un prenne un jour la peine de le leur expli­quer : leur dire que nulle part ailleurs sur le conti­nent, la police ne se per­met­trait de trai­ter ain­si les gens. Ce n’est même pas ima­gi­nable. Le leur dirait-on qu’ils se mon­tre­raient peut-être moins timides dans leurs pro­tes­ta­tions. Quand on croit que c’est la même chose ailleurs, on a ten­dance à dédra­ma­ti­ser, quand ce n’est pas à bana­li­ser. Or, jus­te­ment, ce n’est pas la même chose ailleurs. » Article d’Éric Werner paru dans la rubrique « Enfumages » de l’Antipresse n° 232 du 10/​05/​2020.
En véri­té, les citoyens eux-mêmes, dans leur grande majo­ri­té, auront dépas­sé les sou­haits des appren­tis-dic­ta­teurs qui vou­laient les contraindre ; cha­cun d’eux fai­sant assaut de veu­le­rie, de mes­qui­ne­rie et de confor­misme, dénon­çant à la police son voi­sin qui ne res­pec­tait pas à la lettre les règles du confi­ne­ment ou regar­dant comme des cri­mi­nels ceux qui ne por­taient pas de masque, tous ces bons petits-bour­geois étant per­sua­dés d’être, dans leur bon droit, des modèles de ver­tu. C’est le retour aux heures les plus sombres de la col­la­bo­ra­tion.
Pendant des siècles, nos sol­dats se sont bat­tus pour conser­ver à leur peuple sa liber­té qui était alors consi­dé­rée comme la valeur suprême qui devait être le socle de toute vie digne de ce nom ; beau­coup sont morts pour cette cause.
Les Français du XXIe siècle ont choi­si : ils pré­fèrent désor­mais l’esclavage à la liber­té. Comme l’avait si bien mon­tré le des­sin de Konk qui, repré­sen­tant un monu­ment aux morts, avait rem­pla­cé l’inscription « Morts pour la France » par celle plus en rap­port avec la men­ta­li­té actuelle : « Morts pour rien ».Konk - Morts pour rien

Paul-Georges Sansonetti a fort bien défi­ni la situa­tion tra­gique qui est actuel­le­ment la nôtre dans son livre, Présence de la Tradition pri­mor­diale (Éditions ODS) : « Si les civi­li­sa­tions s’é­pa­nouissent en reflé­tant, par la for­mu­la­tion de la beau­té, un ordre supra­hu­main, leur sau­ve­garde n’est assu­rée que lorsque s’af­firme une volon­té com­bat­tante sans faille. Asservissements et ténèbres ne croissent qu’en des temps où rouillent les épées. »

Pierre-Émile Blairon

(1) « Par curio­si­té, faites-vous mal, jetez un coup d’œil sur l’organigramme de l’Agence régio­nale de san­té Provence-Alpes-Côte d’Azur. Des comme ça, il y en a dans toutes les Régions. Ça en fait des bras­seurs d’air pour déci­der du nombre de cases de la marelle. » (La marelle, Nice-Provence-Info, 10.5.2020)
(2) Éric Werner, L’avant-guerre civile, Éditions L’âge d’homme.
(3) Sondage publié, le 12 mai, par Paris Match et Sud Radio et réa­li­sé par l’IFOP
(4) L’art de la pro­vo­ca­tion

Aucun commentaire

Envoyer le commentaire

Votre adresse de mes­sa­ge­rie ne sera pas publiée. Les champs obli­ga­toires sont indi­qués avec *

*

code